Floriane Chappe évoque ses deux pièces actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Floriane,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

 

1/ Vous êtes actuellement à l'affiche, au Palace, de deux pièces. Notamment « Sexe, magouilles et culture générale ». Pour commencer, sans tout en dévoiler, quelle histoire y est racontée ?

 

Le milieu de la télévision y est mis en avant, à travers des rôles hauts en couleurs, tels que le producteur camé et l'animateur maladroit. Évidemment, il y a toute une trame avec une candidate âgée qui squatte l'émission depuis trop longtemps parce qu’elle est un puits de savoir et de culture. Du coup, le producteur véreux va essayer d'instaurer une espèce de magouille, dans laquelle il va mettre en avant une bimbo, Cindy, mon rôle, un peu écervelée.

 

Mon but est d'essayer d’éliminer cette candidate âgée mais je ne vous dirais pas comment car c'est très drôle. En tout cas, je suis de mèche avec ce producteur.

 

2/ Vous venez un peu de commencer à en parler, comment présenteriez-vous Cindy ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

 

Cindy, en fait, a d'énorme lacunes en termes de culture mais est très intelligente, à mes yeux. Elle a l'intelligence de vie, elle a sans doute un passé assez douloureux et sulfureux mais elle a toujours su s'en sortir. Avec notamment, il est dit, des photos de charme. Mais elle a eu un accès à la culture un peu réduit je pense, elle n'a pas toutes les références qu'il faut, elle pose beaucoup de questions à côté de la plaque, ce qui la rend tout à fait drôle et attachante.

 

 

C'est ça, elle est attachante, pas très érudite mais elle a une autre intelligence.

 

3/ D'un point de vue artistique, en tant que comédienne, comment avez-vous abordé l'interprétation de ce personnage un peu singulier ?

 

En fait, c'est très simple. Ça part de l'idée que, à la télé, on a ce genre de personnage, particulièrement en ce moment. Ma génération a connu des personnages un peu comme ça, comme Loana ou plus récemment Nabilla. Ce sont des jeunes femmes qui n'ont pas spécialement été entourées d'amour, de bienveillance et de culture mais qui ont su malgré tout s'en sortir, en tirant parti de leur physique ou d'autres choses, elles ont donné ce qu'elles avaient à « vendre » dans ce milieu très particulier qu'est la télévision.

 

Du coup, elles ont été un peu mes inspirations, ce genre de personnes assez loin de moi mais qui sont très plaisantes à interpréter. Je me suis donc beaucoup inspirée de ce qui se fait vraiment en télé.

 

4/ La distribution est alternante. Justement, vous êtes-vous inspirée aussi du travail de vos camarades ?

 

Bien sûr ! La captation avait été faite, à l'époque, avec une super comédienne, Karine Lyachenko, que j'admire ! Mon alternante actuelle, Marie-Laetitia Bettencourt, est elle aussi absolument incroyable mais dans autre chose, elle a quelque chose que je n'ai pas. Déjà, elle est blonde et je suis brune, cela ne raconte pas la même chose sur scène. Je vais aller facilement dans la colère, là où Marie est davantage dans la douceur. Elle est plus lunaire et moi plus solaire, si on peut résumer cela ainsi.

 

Je suis beaucoup allée la voir jouer, ne serait ce que pour avoir le texte à l'oreille pendant les répétitions. Marie étant très bonne comédienne, il y a forcément des choses à prendre chez elle mais Karine avait aussi quelque chose de très inspirant.

 

5/ De façon plus générale, la pièce fonctionne bien, les rires sont nombreux. Quelles sont les clés de son succès ? Pourquoi plaît-elle aux nombreux spectateurs qui viennent vous voir ?

 

Il y a un rythme effréné, c'est du papier à musique. Laurent Baffie, l'auteur, est très exigeant en termes de rythme et je crois que cela plaît énormément. Ça fuse et ce ne sont pas des petits rires. Une vanne engendre un gros rire. Évidemment le texte aussi.

 

On est une génération télé et, à travers cette pièce-là, on retrouve ce dont on entend parler mais que l'on ne côtoie pas forcément. En tant que spectateur, on voit un peu les dessous du petit écran.

 

6/ Dans les derniers instants juste avant de renter sur scène, quelles sensations prédominent en vous ?

 

Je suis très très traqueuse. Par exemple, le soir de la première, je ne voulais plus aller sur scène, je leur ai dit que je voulais tout arrêter et ne plus faire ce métier. J'ai un trac très drôle, qui fait beaucoup rire mes camarades. Je ne savais même plus quelle était ma première phrase, qui est simplement « Oh tu sais que toi ». Elle est heureusement revenue au moment de rentrer sur scène.

 

 

Mais, plus généralement, je suis très excitée de retrouver le public et de découvrir où vont être les rires. Parce que chaque soir est différent. Selon le public, des répliques vont marcher mieux que d'autres.

 

Surtout, j'adore partager la scène avec mes camarades, qui sont absolument géniaux et dont j'ai tout à apprendre. Jean-Noël Brouté et Alain Bouzigues sont des sources d'inspiration inépuisables. Tous les soirs, je monte sur scène en me disant que je vais apprendre. J'ai beaucoup à apprendre et à prendre d'eux.

 

7/ En parallèle, toujours au Palace, vous participez à une autre pièce, également de Laurent Baffie, « Toc toc ». Que dire sur cette aventure-ci ?

 

Tout a commencé avec cette pièce. C'est grâce à mon rôle que j'ai pu avoir accès au casting de « Sexe, magouilles et culture générale ». J'ai rencontré Geoges Beller, qui joue le rôle de Fred, un patient atteint de Gilles de la Tourette et qui attend lui aussi le médecin avec les autres patients. Georges est devenu un ami et un parrain artistique.

 

L'aventure est artistiquement très riche et humainement également, du fait de la « double distribution ». Lorsque je suis arrivée, c'était comme une grande famille et Georges m'a beaucoup aidée à m'y intégrer, alors que j'ai un rôle plus minime, je suis l'assistante du docteur absent qui vient distribuer un peu les informations qui font avancer l'histoire. Je suis le seul personnage à ne pas avoir de toc, je suis le repère normatif de la pièce. Laurent a beaucoup insisté là dessus, je ne dois pas en faire des tonnes, je ne suis pas là pour faire rire, je sers mes camarades sur scène et je fais avancer l'histoire.

 

8/ Vous intervenez de façon ponctuelle tout au long de la pièce. Comment appréhendez-vous cela, comparativement à l'autre pièce, dans laquelle vous êtes plus souvent sur scène ?

 

C'est très différent. En fait, en tant qu'assistante, j'ai une autre rôle. On peut se dire que le rôle est petit mais, si je plante une entrée, je plante le spectacle. J'ai une espèce de responsabilité. Alors que, pour l'autre pièce, je peux toujours m'en sortir. Tandis que la secrétaire doit soigner ses entrées, c'est très important car elle fait à chaque fois l'effet d'une bombe. Elle a systématiquement une information à donner qui va irriter ou déstabiliser les patients dans l'attente.

 

Du coup, je me mets sans cesse une vraie pression. Je ne quitte pas les coulisses, je ne retourne pas en loges, je ne lis pas, je suis dans l'attente des répliques que je connais par cœur parce que j'ai toujours l'angoisse de louper une entrée.

 

9/ Sur certaines dates, vous enchaînez les deux spectacles. D'un point de vue artistique, comment passez-vous facilement d'un rôle à l'autre, qui sont en plus bien différents ?

 

Je suis souvent aidée de musique. Je me suis toujours racontée que Cindy est fan de Johnny, je ne sais pas pourquoi. Ça veut dire qu'avant d'entrer en scène, je vais écouter du Johnny. Par contre, avant l'assistante, en enlevant le maquillage de Cindy et pour revenir à mon costume de secrétaire qui est beaucoup plus stricte, je change de musique. Je suis alors plus Aretha Franklin.

 

Les costumes, qui n'ont absolument rien à voir, m'aident aussi. Cindy est très dénudée, très exubérante, là où l'assistante est très droite.

 

10/ Pour terminer, que dire de plus aux lecteurs pour les inciter davantage encore à venir voir l'une ou l'autre des pièces, voire même les deux ?

 

C'est du Baffie dans toute sa splendeur. Si vous aimez Baffie, venez nous voir. Ce sont deux pièces complètement différentes, « Toc toc » est très théâtre à proprement parler, en huit clos, l'autre est plus dans un échange avec le public. Au travers notamment du personnage interprété par Benjamin Baffie, le fils de Laurent, qui interagit avec les spectateurs et qui est tout autant sniper que son père.

 

A ceux qui n'aiment pas Laurent Baffie, vous serez très surpris, par « Toc toc » notamment. J'ai souvent entendu dire, à l'issue du spectacle, que ceux qui n'apprécient pas forcément l'auteur ont quand même passé un super moment. Pour un public non averti, vous serez très étonné.

 

Quant à « Sexe, magouilles et culture générale », il faut avoir un peu la fibre Baffie, il faut être attiré par le sniper, par l'humour léger, c'est un divertissement fait pour se marrer et dénoncer certaines choses qui ne sont absolument pas fausses. Notamment la place de la femme. En se moquant, la pièce est, je crois, quand même assez dénonciatrice. Pour finir, je citerai le nom de Dany Sénéchal, qui joue Paulette, elle est absolument incroyable. Ne serait-ce que pour elle, il faut venir voir ce spectacle.

 

Donc venez, il y a plein de choses à voir, on ne fait pas que rire, il y a de beaux messages aussi, notamment sur la cohésion de groupe.

 

Ce fut un plaisir, Floriane, de nous entretenir avec vous !

Publié dans Théâtre

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