Aurélien Boyer nous présente son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Aurélien,

 

C'est un plaisir d'effectuer cette interview avec vous !

 

1/ Vous serez sur scène, avec trois autres comédiens, à Aubervilliers, le 4 mai prochain, pour la version courte de la pièce « Nous autres ». Que dire sur cette belle aventure artistique ?

 

Mélanie Belamy nous a inclus dans une écriture de plateau, c'est la première fois que j'y suis confronté, venant d'une école et d'une formation qui travaillent essentiellement sur le répertoire classique. Ça me rend très curieux parce qu’il s'agit là d'un métier et d'une expérience totalement autre.

 

L’idée est d’utiliser le prétexte de l’enfermement pour traiter des problèmes auxquels est confrontée la génération des 18/25 ans environ. Elle vit évidemment des difficultés intemporelles, mais aussi beaucoup d’inédites. Mélanie met en scène toutes les failles que peut avoir cette génération-là.

 

2/ Comment présenter votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

 

Erwan est extraverti, drôle. C’est un bout en train, qui cherche à voir les choses de manière positive, malgré une particularité qu’il cache, que nous n'évoquerons pas ici, que vous pourrez découvrir sur scène. Il ne le montre pas nécessairement - il en joue d’ailleurs - mais, dans le fond, le regard des autres lui pose problème, le complexe, dans cette génération qui se juge beaucoup sur les réseaux sociaux et qui se compare.

 

3/ Vous nous expliquiez que ce format d'écriture en plateau est une première pour vous. Vous êtes-vous facilement mis dans le bain ?

 

L'improvisation est une facette du théâtre que j’ai rarement abordée. C’est plutôt plaisant, mais mine de rien, ça demande beaucoup d’énergie, de rythme et de concentration. Il me semble que la difficulté est de trop s’appuyer sur soi, sur son caractère. En oubliant qu'il y a un personnage à construire. Alors que, avec le répertoire, on a un rôle et l'objectif est de le faire venir à soi.

 

J’adore être totalement perdu dans ce nouveau format. Je découvre, je ne maîtrise rien, je fais des erreurs, et j’apprends beaucoup au contact de mes camarades.

 

4/ Selon vous, quelles seront les clés du succès de cette pièce ?

 

La pièce est imprévisible. Comme nous pouvons l’être. Mélanie a réussi à créer de très belles séquences, que ce soit dans le mouvement, dans le slam, l’émotion. Elle travaille et expérimente sur beaucoup de choses, ce qui permet aux spectateurs de ne pas s'ennuyer et d'en avoir plein les mirettes.

 

La version courte du 4 mai traite bien tous les sujets que Mélanie a voulu aborder. Si une génération se reconnaît, le travail est fait.

 

5/ Justement, à titre plus personnel, en quoi ces sujets abordés vous parlent et vous touchent ?

 

Tous les sujets ne me touchent pas de la même façon : parfois, nous traitons de choses que je vis - l’emploi précaire à côté des études -, parfois, pas vraiment - je ne me sens pas accro aux réseaux sociaux, par exemple. Dans tous les cas, les problématiques d'Erwan sont très différentes de mes problématiques au quotidien. D’où le travail de composition que j’ai à faire pour ce rôle.

 

Et puis finalement, des sujets qui me touchent vraiment sont simplement évoqués.

 

6/ En parallèle, on pourra vous retrouver fin mars, sur les planches, pour trois dates, avec huit autres comédiens. Comment présenter cet autre projet ?

 

Cette fois, j’enfile une triple casquette, puisque j'ai écrit cette pièce, «  Le veau d'or », que je remets en scène, pour la première fois à Paris. Cette comédie parle d’argent, de milliardaires, et d’évasion fiscale, entre autres choses. Après avoir, pendant mes cours avec Jean-Laurent Cochet, étudié toutes les pièces de Molière, j'ai eu l'envie d'écrire une pièce un peu dans la veine comique de ses farces. Sur les milliardaires, sur cette élite mondiale, ces gens qui captent la quasi totalité des richesses de la planète. Pour imaginer un monde dans lequel ils feraient tous partis d'une secte et vénéreraient tous en secret le veau d'or, en priant tous les soirs devant une petite statuette dorée.

 

J'aimerais pouvoir trouver une programmation longue à Paris, donc nous avons beaucoup de travail. C’est exaltant.

 

7/ Quelles ont été vos sources d'inspiration pour l'écriture de cette pièce ?

 

Molière, on vient d'en parler. Beaucoup de lectures économiques en fait, plus que de lectures artistiques. Je sais qu'il existe des pièces et des films dit “économiques mais je ne me suis pas tourné dans ce sens. Mon inspiration, je l’ai prise chez Marx, Piketty, chez Hervé Kempf, dans des manuels de finance de marché, etc ... Des écrits assez, voire très techniques, pour écrire une comédie rythmée, accessible et à l’humour grinçant : c’est le grand écart !

 

Merci Aurélien pour votre disponibilité !

Publié dans Théâtre

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