Alix Schmidt évoque sa nouvelle pièce de théâtre !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Alix,

 

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien.

 

1/ Vous êtes actuellement à l'affiche, au théâtre Montmartre Galabru, chaque jeudi soir à 21h 30, de la pièce « Jalousie en trois lettres ». Comment présenter cette pièce ? Quels thèmes y sont abordés ?

 

Écrite par une femme, Esther Vilar et mise en scène également par une femme, Charlotte Belhomme, c’est une comédie dramatique sur les enjeux et les tourments de la jalousie et de la passion amoureuse.

Yana, Helen et Iris vivent dans un même immeuble et sont follement éprises du même homme, Paul, lui-même déjà en couple avec Helen.

 

Lorsque mon personnage, Yana, révèle au moyen d’une lettre à Helen la relation qu’elle entretient avec Paul - lui étant incapable de l’avouer à sa femme - tous les ingrédients de la tragi-comédie sont en place : tour à tour, Yana et Helen, sous forme de guerre épistolaire, vont s’échanger tout au long de la pièce, des courriers cinglants, tantôt drôles, tantôt émouvants: l’une, Yana, a pour objectif d’arracher définitivement Paul des bras d’Helen et l’autre, Helen, de récupérer l’homme de sa vie.

 

Mais la victoire de Yana est de courte durée: Iris, une autre femme, fait irruption dans la vie de ce triangle amoureux et vient bouleverser ce fragile équilibre…

 

2/ Comment décririez-vous votre personnage  ? Quelles sont ses principales caractéristiques  ?

 

Yana est architecte et c’est d’ailleurs elle qui est à l’origine de la conception de l’immeuble où vivent tous les protagonistes de l’histoire. Elle en connaît donc les moindres recoins et pousse le vice jusqu’à révéler à Helen la cachette amoureuse qui abrite ses ébats avec Paul.

 

Elle est célibataire, sans enfant et ne semble pas avoir encore connu le grand amour jusqu’au jour où elle tombe amoureuse de Paul, pourtant âgé de 20 ans de plus qu’elle. Ce qu’elle lui trouve de si irrésistible, elle ne le sait pas tout à fait elle-même : je pense que c’est le challenge, le défi qui l’intéressent et l’excitent au début.

J’ai travaillé d’abord ce rôle en la faisant apparaître comme une femme sûre d’elle, arrogante, en parfaite maîtrise de ses émotions et consciente de son pouvoir de séduction car tout lui réussit.

 

C’est une femme qui ne semble pas avoir souffert, connu le dépit amoureux, l’abandon et la jalousie qui en découle et c’est pour cela qu’au début de la pièce, je pense, elle n’est pas dans la compassion vis-à-vis d’Helen. Pour autant, une fois qu’elle est en couple avec Paul, elle n’a qu’une envie: devenir son amie car j’imagine qu’elle voit en Helen une figure sororale ou maternelle : au final, elles sont tellement proches puisqu’intimement liées et unies par l’amour qu’elles vouent à Paul.

 

Puis, la situation change brusquement: Iris, une nouvelle femme entre dans cette trame amoureuse et renverse la situation. Paul délaisse Yana pour Iris et de femme jalousée et enviée, Yana devient à son tour LA jalouse féroce de la pièce. Balayée par la nouvelle intruse, son royaume s’écroule et elle sombre peu à peu dans la folie. Par la suite, elle devient plus tendre et compréhensive.

 

J’ai beaucoup aimé travailler sur ce renversement de situation et de personnalité. Pour un acteur, c’est toujours extrêmement plaisant de pouvoir donner et montrer plusieurs palettes de son jeu.

 

3/ Selon vous, quelles sont les clés du succès de cette pièce  ?

 

Le texte d’abord ! Les répliques sont tellement bien ciselées, peaufinées, tranchantes et drôles que c’est un réel bonheur de les avoir en bouche pour nous, comédiennes, et pour les spectateurs de les écouter.

 

Bien que les sujets abordés soient sérieux – le regard de la société en général sur la femme, la jeunesse et son déclin, l’adultère, l’amour qui rend fou, la jalousie qui peut tuer, la pièce est traitée en partie sous forme de comédie : les répliques sont parfois tellement dures, redoutables, qu’elles sont d’une cruauté carrément jouissive.

 

Les lettres échangées par ces 3 femmes sont tellement sarcastiques et cinglantes qu’elles provoquent souvent le rire des spectateurs.

 

La mise en scène, les lumières toutes particulières qui forment des tableaux quasi cinématographiques en font aussi la force de cette pièce.

 

Et puis, la jalousie, l’amour-passion sont des sentiments que beaucoup d’entre nous ont déjà expérimentés. Aimer profondément quelqu’un puis le voir partir pour un(e) autre, se retrouver alors seul(e) face à soi-même, tous ces questionnements qui nous ébranlent nous permettent souvent d’avancer et de mieux nous connaître.

 

Il y a aussi ce phénomène très intéressant de la vengeance interposée : un peu comme un exutoire, je pense que les spectateurs prennent un certain plaisir à voir un peu souffrir celle qui fait souffrir, jubilent et exultent lorsqu’elle se venge car d’une certaine façon, elle les venge eux-mêmes de leur « bourreau ».

 

4/ Vous jouez une fois par semaine. D'un point de vue artistique, comment appréhendez-vous l'exercice, comparativement à des spectacles joués successivement plusieurs fois par semaine  ?

 

Je suis toujours assez fébrile avant d'aller jouer. Il se passe beaucoup de choses en une semaine et je reconnais que le plaisir d'être sur scène une seule fois par semaine me donne une grande excitation et une impatience à redécouvrir le texte et le public. On ne rentre pas dans cette routine qui me fait parfois peur. C'est un peu comme si c'était ma Première, chaque jeudi soir.

 

5/ Quelle suite aimeriez-vous donner au spectacle  ?

 

On aimerait beaucoup qu'un nouveau théâtre nous programme pour pouvoir prolonger l'expérience car on n’a jamais fini de faire évoluer une pièce.

 

Certains spectateurs sont déjà revenus nous voir et c'est un bel encouragement pour nous. 

 

A chaque fois, ils découvrent la pièce d'une autre façon, nous la faisant redécouvrir aussi par la même occasion car leurs réactions sont toujours différentes, voire même surprenantes.

 

6/ Pour finir, que dire pour inciter les lecteurs, si ce n'est pas déjà fait, à venir vous voir sur scène  ?

 

Vous, jusqu’où iriez-vous par amour et surtout par jalousie ?

 

Merci Alix pour votre disponibilité  !

Publié dans Théâtre

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