Régis Van Houtte nous présente "Boire ou séduire", une chouette pièce à l'affiche au Mélo d'Amélie !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Régis,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps !

 

1/ Nous pouvons vous retrouver en ce moment au Mélo d'Amélie, dans la pièce à succès « Boire ou séduire ». Très simplement, quels thèmes et quels sujets y sont abordés ?

 

Très bizarrement, alors que c'est une pièce comique, nous avons tout monté, avec Sébastien Bonnet, mon coauteur, autours d'une maladie, le syndrome de Korsakoff, qui se manifeste principalement par des troubles de la mémoire. Cette maladie touche principalement des personnes alcooliques.

 

Nous avons détourné le sujet pour en faire une comédie, nous avons imaginé que les pertes de mémoire venaient suite à une contrariété. Tout est ficelé autours de cela, accompagné de situations comiques du début à la fin. Nous avons tout de même glissé ici et là quelques parties moins loufoque pour en faire ressortir le ressort comique. C’est une bonne pièce de boulevard, dans laquelle nous avons accès quelques scènes de réalisme. Nous n'en faisons absolument pas un état tragique, nous nous en servons pour rire.

 

2/ Vous êtes l'un des deux coauteurs du spectacle. Quelles ont été vos principales sources d'inspiration ?

 

C'est compliqué de répondre à cette question parce que je ne suis pas sûr que nous ayons eu des sources d'inspiration. On se connaît depuis très longtemps avec Sébastien, c'est lui qui a entendu une émission sur ce syndrome. Il a tout de suite imaginé qu'il y avait quelque chose de drôle à en faire.

 

Le premier jour d'écriture, nous avons rédigé la dernière phrase de la pièce. C'est ce qui nous a motivé à écrire toute l'histoire. Ensuite, il y a une technique comique, sur un rythme, sur des effets, nous emmenons les gens vers un point A puis, au dernier moment, nous les basculons vers le point B. Ces techniques peuvent parfois se créer sans qu'il y ait une inspiration réelle du quotidien. C'est juste la volonté de faire une mathématique humoristique qui nous porte ici.

 

La deuxième chose, sans doute la plus importante, réside dans le fait que Sébastien et moi aimons nous marrer, nous avons la vanne facile. Cette alchimie entre nous deux a enrichi le contenu, pour monter petit à petit notre histoire.

 

On sait ce que l'on veut, on sait ce qui va passer. Les personnages sont enfermés dans un appartement, ils ne peuvent pas sortir et pourtant ils n'ont rien à faire ensemble.

 

Bébert vient de Charvieux Chavagneu, dans l'Ain, qui serait une petite bourgade éloignée des grandes villes. Il n'a pas beaucoup d'amis, il passe son temps à picoler. Quand il ne picole pas tout seul chez lui, il le fait en bande au bistrot. Dans l'histoire, il est amené à monter à Paris.

 

Il y a aussi Jean-Régis de la Motte Saint-Pierre, un aristocrate sur le déclin, qui n'a plus beaucoup de valeurs. Il s'est marié à priori très jeune avec une femme un peu plus âgée que lui, pleine d'argent et, du coup, il reste car c'est confortable, même s'il est amoureux d'une autre. Pour le personnage de Gwenaëlle, nous nous sommes inspirés pas mal de nos copines ou connaissances et nous avons tout mélangé. Elle mange macrobiotique, elle fait tout ce qui est tendance. Elle ne pratique pas le yoga mais le Yâna, puis la semaine d'après elle fera le nouveau sport à la mode. Elle change selon la tendance. Elle est un peu hystérique, elle a besoin d'amour, elle ne sait pas trop comment s'y prendre et, du coup, elle pète des plombs assez facilement, pour le plus grand plaisir du public qui se marre vraiment bien là-dessus.

 

3/ Tout au long de l'écriture, quels axes principaux avez-vous cherchés à défendre ? Qu'avez-vous surtout voulu mettre en avant ?

 

Nous avions la volonté de ne rien mettre en avant. Nous ne voulions pas défendre un message politique, ni une condition morale, ni parler de religion. Tout ce dont nous parlons n'a qu'un seul but, décontracter, faire rire et qu'il y ait une histoire qui se tienne.

 

Bien sûr, nous parlons du syndrome de Korsakoff, d'une femme enceinte d'un père déjà marié mais, ça, c'est la vie. Nous n'avons pas voulu mettre ces thèmes en avant. Nous sommes très contents, avec Sébastien, de pouvoir dire que notre pièce est une pièce populaire, où les spectateurs laissent leurs soucis à la porte, rigolent pendant une heure et demie avant de ressortir en se moquant de Jean-Régis et de Bébert, en admirant Gwenaëlle, en étant content et en allant boire un coup. Dix jours après, ils auront peut-être oublié la pièce mais, en tout cas, ils auront passé un bon moment.

 

4/ La pièce est à l'affiche depuis quelques semaines. Au fur et à mesure des réactions du public mais aussi de vos idées, avez-vous déjà apporté quelques petites adaptations ?

 

Pas forcément sur le fond. Les personnages ont évolué avec Marinelly que nous ne connaissions pas.

 

Nous sommes trois acteurs qui n'aimons pas forcément la monotonie ni être sur des rails. Donc je crois qu'il n'y a pas une représentation où l'on ne change pas une intention, un petit mot, jamais la mise en scène.

 

Donc, oui, nous ne sommes pas enfermés. Si vous venez voir la pièce le mardi puis le samedi, vous verrez la même histoire mais pas forcément la même pièce.

 

Nous nous entendons très bien tous les trois, personne n'en veut à personne d'avoir changé quelque chose, d'avoir essayé une nouveauté. Effectivement, au fil des dates, de nouveaux gags sont arrivés, certains que nous sommes presque déçus de ne pas avoir écrits dès le premier jour. La pièce évolue positivement, nous rajoutons des gags à des endroits où il n'y en avait pas. J'espère que cela continuera dans ce sens.

 

5/ Au-delà de ces adaptations, est-ce que, juste pour le plaisir de vous taquiner les uns les autres, vous vous permettez quelques improvisations très ponctuelles  sur scène ?

 

On fait très attention.  Nous sommes très joueurs tous les trois, cela pourrait vite partir en fou rire, ce qui nous arrive de temps en temps. Mais oui, nous nous permettons quand même d'improviser.

 

Au Mélo d'Amélie, c'est un peu moins évident car il y a un vrai timing à respecter. D'autres pièces se jouant avant ou après nous.  Mais dès que nous sortons dans des lieux où il n'y a que notre spectacle, nous pouvons très facilement faire un quart d'heure voire vingt minutes de plus, ce qui est énorme. Sébastien est un cabot, je suis un sur sur cabot et Marinelly, que l'on connaît peu, commence à se mettre dans notre jeu. Cela va devenir dangereux:)

 

6/ Plus généralement, quels sont vos autres projets et actualités artistiques du moment ?

 

Le film tiré de la pièce « L'aristo du cœur » est en montage. Cela va sans doute s'appeler « On n'est pas en week-end », produit par Avec les filles Production, une nouvelle société de production qui a un concept très novateur dans le monde de la télé et de la fiction. Nous avons tourné en mars, Sébastien et moi en avons les rôles principaux, ce qui nous ravit car ce n'est pas toujours le cas dans pareille situation.

 

Je continue aussi à tourner dans les séries françaises, toutes ces grandes séries intellectuelles de très bonne qualité. Je plaisante à peine, je trouve que, sur les cinq dernières années, des efforts incroyables ont été faits sur les séries. Les auteurs français de télévision écrivent de mieux en mieux, sont de plus en plus dynamiques, les réalisateurs sont jeunes et c'est vraiment chouette. Je pense que, d'ici quelques temps, cela va cartonner dans le monde. Des signes forts apparaissent en ce moment sur la réussite des chaînes à avoir mis en place des nouveaux talents.

 

7/ Pour terminer, très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

 

Que cela continue, que ça évolue et surtout plein de pognon :):):). Ça aide l'artiste à être encore plus drôle de savoir qu'il ne va plus se déplacer en RER mais en limousine, de savoir qu'il ne va plus manger au Mc Do mais au Fouquet's :).

 

Ce fut un plaisir, Régis, de nous entretenir avec vous !

Publié dans Théâtre, Télévision

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article