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Le médias blog de Julian

Partout sauf par terre : interview des comédiens et de l'auteur de cette chouette pièce !

3 Octobre 2017 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

 

Bonjour Laurie, Loris et Thomas,

 

Vous êtes respectivement l'auteur et les deux comédiens de la pièce que nous allons présenter dans cet entretien.

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour le blog.

 

1/ Après votre succès au Festival OFF d'Avignon en 2016, vous serez à l'affiche, à partir de novembre prochain, au théâtre Falguière, pour 6 dates exceptionnelles, de la pièce « Partout sauf par terre ». Quelle histoire y est évoquée ? Quelles thématiques y sont abordées ?

 

Laurie : Il faut déjà partir de notre façon d'avoir travailler. Il s'agit d'un échange entre un homme et une femme, un huit clos. Cette pièce est née de l'envie commune de Loris, Thomas et leur metteur en scène, Christine Tzerkézos-Guérin, de travailler ensemble sur une histoire d'amour.

 

Ils avaient déjà commencé des répétitions avant que je ne n'intervienne dans l'écriture. Au fur et à mesure de ce que je voyais sur scène, je donnais à dire aux comédiens. L'ordre final de la pièce a été décidé très tard. Le spectacle aurait très bien pu exister différemment si l'on avait décidé d'un autre ordre ou d'un autre propos.

 

Thomas : On suit une narration, une histoire, il y a quand même des liens.

 

Laurie : Je l'ai considéré comme le jeu de ce qu'un couple se dirait si ils étaient fondamentalement honnêtes. Alors que, pour qu'une relation humaine fonctionne, il faut taire beaucoup de choses. Là, nous nous sommes amusés à jouer de ça. Ils s'avouent leur solitude dans la fusion et leurs limites dans l'être ensemble.

 

Thomas : On est à examiner ce qui se passerait si un couple venait à tout se dire. Du coup, on ne sait jamais si les deux personnages sont en train de jouer ou pas. Le jeu devient un prétexte à vraiment se dire les choses. C'est donc l'histoire d'un jeune couple qui parle d'amour. On parle de choses dans lesquelles tout le monde peut se reconnaître. On retrouve les histoires avec la mère, avec les ex, la jalousie, les déceptions.

 

Laurie : On retrouve aussi la possibilité de la fin de l'amour. Mais aussi les promesses que l'on se fait avant d'arriver à cette fin. Ça pourrait être un long dialogue d'un couple qui, à l'instant t, parlerait de tout. Ça ne s'inscrit pas dans une temporalité ni dans un espace défini.

 

2/ Comment présenter vos personnages respectifs ? Quelles sont leurs principales caractéristiques ?

 

Loris : C'est beaucoup de nous car nous avons longtemps travaillé sans texte. Laurie nous a beaucoup regardés, il y a donc énormément de choses qui se retrouvent chez nous.

 

Thomas : C'était aussi le vœu de notre metteur en scène, qui cherche les particularités de l'humain acteur pour les mettre en scène.

 

Laurie : Je cherchais absolument l'égalité dans la relation et, au fur et à mesure de l'importance de leur expression, je dotais chacun de mots pour obtenir un équilibre. Une fois la mise en scène épurée, avec moins de rapports physiques, le personnage féminin prenait le dessus. J'ai dû réécrire de la voix pour le personnage masculin. Ça va du coup crescendo dans leurs rapports.

 

Thomas : Il y a beaucoup de fiction aussi. C'est un mélange. Mon personnage se travestit en femme, c'est un prétexte pour aborder certaines choses. Notamment pour questionner la féminité de la femme face à un homme parfois plus féminin qu'elle.

 

Loris : Pour questionner l'amour aussi. Quelle place il prend ? Et l'identité de chacun dans cet amour. Il ne faut pas oublier que c'est un huis clos. Le postulat c'est l'enfermement de ce couple. Et chacun attend de son partenaire qu'il soit son miroir tout en voulant s'en distinguer pour trouver son identité propre.

 

Laurie : Oui, quels rôle on prend devant l'autre et lesquels nous sommes vraiment prêts à assumer ? Et puis sans la catégorisation homme masculin / femme féminine, si l'homme revendique aussi sa place féminine, où se place la femme qui doit déjà assumer le masculin depuis la dite émancipation sexuelle ? Comment se déplacent les relations homme femme au sein d'un couple si on se partage ces rôles masculins et féminins, alors que l'on a quand même des archétypes ?

 

3/ Quelles ont été vos principales sources d'inspiration pour le développement de ce spectacle  ?

 

Laurie  : Toute observation. Quand je fais dire à un moment « Bébé cannibale » à l'un des personnages, cela vient de ma nièce que j'ai vue, à un mois, mordre le doigt de sa maman. Je suis partie d'une image observée que j'ai poussée à l'extrême en me demandant ce qu'elle deviendrait. Il y a donc beaucoup d'extrapolation, puisque l'on part du postula que l'on pourrait tout se dire.

 

4/ Selon vous, quelles sont les clés de réussite de la pièce ? Pourquoi va-t-elle plaire aux spectateurs qui viendront vous voir ?

 

Loris : Il y a une vraie langue, sans fioriture. On donne à voir quelque chose de vrai. Il n'y a que nous sur le plateau, on se parle pendant une heure, sans artifice.

 

Thomas  : Le texte est l'une des premières choses dont les gens parlent à la sortie. Laurie a une vraie langue, c'est vrai. Elle a quelque chose qui lui appartient vraiment en tant qu'auteur. C'est aussi un sujet qui touche tout le monde. Les gens s'y retrouvent forcément à un moment donné.

 

Laurie  : Ils ont une vraie fragilité. Leur jeu et leur jeunesse sont hyper adéquats avec le texte. Ils donnent le texte à entendre merveilleusement bien.

 

5/ Quelle suite aimeriez-vous donner à « Partout sauf par terre » ?

 

Thomas  : Une tournée  ! Cela fait un an et demi que la pièce existe, nous aimerions pouvoir continuer à la jouer. Nous souhaiterions pouvoir faire découvrir le travail et l'écriture de Laurie, d'autant plus que nous sommes en création avec elle sur un nouveau projet. Faire découvrir un auteur, faire découvrir des comédiens aussi, faire redécouvrir également une metteur en scène.

 

Loris  : C'est un texte, on s'en est rendu compte au fur et à mesure des dates, avec plein de choses qui se redécouvrent de l'intérieur à chaque fois. C'est un texte qui se réinvente tout le temps de l'intérieur, que nous n'avons jamais joué de la même manière. Là est aussi la beauté du spectacle. Beaucoup de gens ont vu la pièce plusieurs fois et ils nous ont dit ne pas avoir entendu les choses de la même manière. Chaque soir donne au texte une résonance différente.

 

6/ Plus généralement, quels sont vos autres projets artistiques actuels ?

 

Laurie  : Avec la même équipe qui s’agrandit de trois comédiens, Émilie Crubezy, Charles Dunnet et Valérie Martie, avec la même metteur en scène, nous allons adapter le roman de Marguerite Duras « Le ravissement de Lol V Stein ». Nous allons donner à voir aussi Jacques Lacan qui a rendu hommage à ce texte l'année de la parution du roman et Marguerite Duras, nous allons donc les faire jouer très jeunes. Nous voulons essayer de les démystifier un peu.

 

Thomas  : C'est une création, « Quand on est touchés », qui sera beaucoup plus axée sur la danse et le théâtre que l'actuelle pièce.

 

Loris  : Nous serons en résidence en avril pour une création en octobre 2018.

 

Thomas  : Nous avons un autre projet que nous essayons de développer. Notre compagnie a aussi comme axe d'avoir une polyvalence dans les rôles de chacun. Ce projet est une pièce que j'ai écrite et que je vais mettre en scène, dans laquelle Loris jouera aussi et pour laquelle Laurie m'aide beaucoup pour la dramaturgie. Cela va s'appeler « Néant d'amour », il y aura beaucoup de danse aussi. Avec six comédiens et six danseurs. 

 

Ce fut un plaisir d'effectuer cette interview avec vous trois !

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