Hélène Phenix évoque sa pièce de théâtre et dévoile ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Hélène,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps.

 

1/ Vous êtes actuellement à l'affiche, à la Folie Théâtre, de la pièce « Les amis du placard ». Quelle histoire y est racontée ? Quelles thématiques y sont abordées ?

 

C'est une pièce qui a été écrite en 2010 par Gabor Rassov. Elle parle d’un couple qui s'ennuie au bout de pas mal d'années de mariage et qui décide de s’acheter des amis, à une époque où cela peut se faire. C'est un des questionnements de la pièce, du point de vue des acheteurs : Puisque cela se fait, pourquoi ne le ferions-nous pas ?

 

La pièce explore les rapports entre le couple acheteur et les amis achetés. Cela ne va pas forcément très bien se passer, on peut s'en douter. C'est une comédie, mais qui reste très caustique. Elle parle des rapports humains, de leur cruauté, se demandant jusqu'où on peut aller lorsque l'on donne le pouvoir à certains humains sur d’autres. On y évoque donc la perversité, la monstruosité, mais aussi la commercialisation de tout, les dérives des rapports humains. Nous sommes dans une époque quand même particulière où, sur certains sites de rencontre, il y a des petits chariots dans lesquels on peut mettre des gens. Au Japon même, il paraît qu’on peut louer des amis ! Pour nous, cette pièce s’inscrit dans la lignée de la série américaine « Black Mirror », qui imagine dans un futur proche l’évolution des nouvelles technologies, de notre rapport aux réseaux sociaux, pour en montrer les dangers.

 

2/ Comment présenter votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

 

Je suis Juliette, l'amie achetée, avec son compagnon Guy. Nous sommes confrontés à une situation de premier jour au travail, où l'on ne sait pas trop ce que l'on attend de nous, on est un peu stressés, pas très à l'aise.

 

Mais je suis plutôt positive, mon personnage préfère cette situation à la rue. Je suis dans la flatterie, très souriante, pour faire plaisir aux acheteurs. Je suis très entraînante, je fais tout pour aller dans le bon sens.

 

Je vais cependant rapidement être victime de la situation, et des acheteurs qui vont progressivement faire ce qu'ils veulent avec ce couple d'achetés. Le personnage va être en souffrance et ballotté au gré des désirs plus ou moins dingues des acheteurs. Il y a pas mal de choses à jouer. En toute honnêteté, j'ai eu du mal, au début, à appréhender le personnage qui pouvait paraître, en comparaison à l'autre couple, un peu neutre. Mais plus ça va, plus je découvre qu’il y a plein de choses à jouer notamment dans les silences. Elle commence par être très positive, puis perplexe, puis terrifiée, puis humiliée. Elle passe d'un optimisme fou à un désespoir total. Sans trop en dévoiler, il y a une réelle colère à un moment qui va aussi la faire basculer.

 

3/ Selon vous, quelles sont les clés du succès de cette pièce ?

 

Les gens apprécient surtout le second degré, le fait de pousser à l'extrême une situation. D'autres vont être un peu plus mal à l'aise, car c'est certes une comédie, mais pas seulement, et ils s’attendaient à plus de légèreté. Mais, d’une manière générale, on nous dit que c’est un sujet fort, qui fait réfléchir et que ça reste très drôle, avec des répliques très amusantes et des situations loufoques.

 

La pièce suscite des questionnements sur notre société, on pourrait croire qu’elle en donne une vision pas très optimiste. Mais, finalement, l'auteur, qui nous a fait l’honneur de venir nous voir plusieurs fois et avec qui on a pas mal échangé, nous expliquait que cette pièce aide aussi pour lui à tirer un peu la sonnette d'alarme sur ce que pourrait être notre société si on laissait faire les choses. La prise de conscience est donc plus positive que négative, car on peut faire en sorte de ne pas dériver dans l’extrême !

 

4/ Quelle suite aimeriez-vous donner aux dates parisiennes ?

 

Nous aimerions partir en tournée, nous pensons que la pièce peut également plaire en province et, d’expérience, voyager aux quatre coins de la France (ou au-delà) avec une pièce est toujours un plaisir. Nous sommes en train de développer cela, de faire circuler notre dossier de diffusion.

 

5/ Plus généralement, quels sont vos autres projets artistiques ?

 

Je vais rejouer « Le plaisir de rompre » et « Le pain de ménage » avec Morad Tacherifet, un de mes partenaire des « Amis du placard », pièces qu’on a déjà interprétées au théâtre de Nesle et mises en scènes par Joël Coté. Ce sont deux textes magnifiques de Jules Renard écrits en 1897 et 1898, qui parlent de la relation amoureuse avec une modernité assez incroyable.

 

Dans la première œuvre, un couple se sépare et, dans l'autre, deux personnes qui sont déjà en couple flirtent et envisagent chacune de quitter leur foyer. On y évoque donc la séparation, mais aussi la rencontre. Cela parle à tout le monde. Le fait d'avoir les deux situations est très intéressant, dans la première pièce la femme est plutôt dominante, dans la deuxième c'est plutôt l'homme. Ils ne sont ainsi pas enfermés dans des clichés.

 

Nous jouerons du 9 mars au 2 juin 2018, à la Folie Théâtre, dans la petite salle. Comme c'est une pièce plus intimiste, cette salle s’y prêtera très bien.

 

6/ Pour terminer, très simplement, que peut on vous souhaiter pour la suite ?

 

De continuer à jouer « Les amis du placard » en province, le plus possible, et que la nouvelle pièce fonctionne aussi. De mon côté, j'ai des envies d'écriture. Pourquoi pas aussi m'essayer au cinéma, j’ai peu d’expérience dans ce domaine mais une vraie attirance pour lui.

 

Ce fut un plaisir, Hélène, de nous entretenir avec vous !

Publié dans Théâtre

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