Aude Lener évoque la saison 2 de M.D.M !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Aude,

 

Quel plaisir de nous entretenir avec vous !

 

1/ Nous pouvons vous retrouver sur la saison 2 de « M.D.M ». Pour commencer, comme présenter ce programme ? Quel en est le contenu ?

 

Cela parle tout simplement d'une Maman De Merde, dans le sens gauche, drôle et un peu cruel parfois. Cela part toujours d'un bon sentiment, d'une bonne intention, toutes les situations sont vraiment traitées de cette manière là, puis, finalement, elle se fait toujours avoir à son propre piège et se fait rattraper par sa profonde nature.

 

C'est traité de manière un peu trash, très satirique mais il y a du fond dans tout cela, on reste très humain. Beaucoup de programmes ou de spectacles traitent de ce sujet, j'ai essayé de l'aborder un peu différemment.

 

La saison 1 était très sketchs, on prenait des situations isolées pour en faire des sketchs assez courts, entre trois et quatre minutes. Pour cette saison 2, je trouvais marrant de traiter l'écart générationnel qui est encore plus grand. Victor, l'enfant, a douze ans alors que, dans la saison 1, je disais qu'il en avait sept ou huit. Il est très content de grandir, il a très envie de devenir adulte comme tous les enfants de son âge. Elle vient d'avoir quarante ans, est de plus en plus stressée et angoissée de vieillir et de se rapprocher de la mort. Du coup, elle est en régression totale, elle va devenir de plus en plus ado alors que lui devient de plus en plus grand. L'écart est encore plus drôle.

 

Un épisode à la plage symbolise bien cela. Elle est en angoisse permanente de ne pas être en activité, rester sur une serviette toute la journée ne l'intéresse pas du tout, ça l'a fait presque flipper, elle a l'impression de se rapprocher d'un état léthargique. Elle va être en suractivité alors que lui demande tout l'inverse. On va dire que l'adulte est l'enfant et inversement. C'est beaucoup plus flagrant dans cette saison 2.

 

Dans la première, c'était plus facile car il était plus petit. Les situations qui mettaient en avant son côté mauvaise maman étaient drôles, c'est toujours plus marrant sur un petit. La difficulté de la saison 2 était de continuer ce concept là mais en racontant autre chose finalement.

 

2/ Selon vous, pour quelles raisons cette saison 2 va plaire aux gens qui vont la regarder ?

 

Parce qu'elle est très humaine en fait. Parce que les personnages sont très humains. Les ados se reconnaissent vachement, en plus on n'identifie pas l'enfant physiquement, ce qui est un choix délibéré. Les parents peuvent aussi identifier leur propre gamin.

 

On va là où il n'oserait pas aller. Cela part toujours d'une situation extrêmement banale qui va être poussée à l'extrême absurde et trash. Parce que c'est ce que l'on ferait si on se laissait aller. Il y a aussi un côté clown du personnage, ce choix délibéré est très marrant, j'aime son côté Pierre Richard.

 

3/ Pour la suite, aimeriez-vous proposer d'autres évolutions à la série ?

 

La 1 est très courte au niveau du format, sans grand traitement narratif. La saison 2 est déjà beaucoup plus narrative, des personnages reviennent et il y a davantage de guests. Elle est plus longue, les épisodes font entre six à sept minutes pour avoir plus de liberté sur les scenarii.

 

J'aimerais beaucoup, au fur et à mesure, en faire une série longue, au format 26 minutes. Voire 45 même si cela me parait un peu long. En racontant une vraie histoire autours d'une maman célibataire qui doit gérer son rapport à la maternité. Elle est juste en découverte permanente de ses capacités à gérer une telle responsabilité.

 

4/ Quelles sont vos principales sources d'inspiration pour cette série ?

 

Mon fils ! Je le vois un peu moins cette année et, du coup, j'ai encore plus envie d'écrire. C'est une manière pour moi d'être constamment avec lui.

 

Mon côté découverte perpétuelle de cette maternité, même s'il a déjà douze ans, m'aide aussi. J'aime également voir des œuvres qui vont au bout. J'ai conscience que ma ligne d’écriture ne plaît pas à tout le monde et qu'elle ne peut pas rentrer dans un certain cadre. Mais je crois à la possibilité de donner accès à cela aux gens s'ils le veulent.

 

5/ Au-delà de la série, quels sont vos autres projets et actualités artistiques en ce moment ?

 

Je viens de tourner dans une série pour France 3, « Aux animaux la guerre ». C'est un roman de Nicolas Mathieu, réalisé par Alain Tasma, produit par Europacorp TV. Ce fut une expérience extrêmement enrichissante. Alain est un réalisateur exigent et je souhaite à tout artiste de travailler avec lui un jour.

 

Merci Aude pour cet échange !

Publié dans Télévision

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