La comédienne Marie Céline évoque son parcours et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marie-Céline,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Votre cv met en avant les différentes cordes de votre arc artistique, au travers notamment du chant, de l’écriture mais aussi de la comédie. Pour commencer, comment résumeriez-vous simplement votre parcours artistique ?

J’ai commencé avec le théâtre et la musique, étant tombée toute petite de la marmite de ces deux arts. L’école dans laquelle j’étais avait une association culturelle qui jouait un rôle très important, où j’ai eu la chance de côtoyer des personnes qui sont aujourd’hui de grands professionnels extrêmement reconnus.

Notamment les frères Bellorini, qui possèdent actuellement leur propre compagnie à succès. L’un deux, Jean, est le directeur du théâtre national de Saint-Denis.

J’ai ainsi eu le virus artistique très vite. D’autant plus que j’étais, en parallèle, inscrite au conservatoire depuis l’âge de cinq ans, où je me suis initiée au piano, au solfège et à la chorale.

Mes parents m’ayant incitée à mener des études, je me suis spécialisée en langues, littératures et civilisations étrangères puis j’ai obtenu un master de traduction littéraire. C’est par la traduction qu’est arrivée l’écriture…

Faisant le lien entre ces différents arts, j’écris aujourd’hui beaucoup pour le théâtre et j’aime adapter les romans que je traduis en scénarii. Pour moi c’est une véritable chance de pouvoir tracer des ponts entre les deux domaines.

2/ Quelles principales complémentarités et, à l’inverse, quelles principales différences retrouvez-vous entre ces différents arts ?

Le chant et la comédie sont souvent séparés en France, chaque art étant placé dans une petite case. L’on est soit chanteur soit comédien. A l’inverse, j’ai eu la chance d’aller dans des pays où, par vocation, la formation est pluridisciplinaire. Notamment en Biélorussie où j’ai étudié Stanislavski.

Les comédiens y sont bien évidemment capables de jouer, mais ils ont aussi un apprentissage physique extrêmement intensif. Ils sont donc capables de danser, sans être premièrement danseurs.

Pour revenir à votre question, le chant, au travers de la voix, permet d’exprimer finalement les mêmes émotions qu’au théâtre. Avec un côté plus naturel et moins intellectuel peut-être.

Il en va de même pour l’écriture, à la différence que l’expression se fait par la main. A l’inverse, l’on y est seul, même si l’on écrit pour être lu évidemment. Contrairement au théâtre où le rapport au public est immédiat.

Ajoutons que la rencontre avec le public est décalée dans l’écriture comme au cinéma. Ce qui fait la magie du théâtre pour moi c’est la communion entre la salle et les comédiens, c’est chaque soir différent et parfois extrêmement gratifiant cette proximité et ce retours instantanés.

3/ Vous mettez en avant vos projets actuels d’écriture et de théâtre. Pouvez-vous déjà nous en dire davantage ?

Je suis ravie de vous annoncer que je vais, avec ma compagnie, monter une pièce de théâtre sur le thème de Noel, Réveillon or not réveillon, qui se jouera en novembre et décembre prochains. C’est un thème important, qui concerne tout le monde et pour lequel chacun a beaucoup d’anecdotes à raconter !

Cette pièce que j’ai écrite s’adresse aux adultes ou aux enfants à partir du moment où ils ne croient plus au Père Noël. Sans tout vous dévoiler, l’on y retrouvera des personnages types de Noel dont le Père Noël et son renne... Je voulais interroger le sens de cette fête de façon décalée pour relativiser un peu !

La pièce est une vraie comédie pour retrouver une sorte de plaisir dans Noël, ce qui n’est pas forcément évident, certains vivent ce moment de l’année comme une contrainte. L’objectif étant de retrouver à la fois la magie et apporter un petit peu de légèreté !

Nous aurons la chance de jouer dans le très beau théâtre du Funambule, à Montmartre. J’en suis ravie. Nous y serons les jeudis, vendredis et samedis soirs, à 21h 30, ainsi que les dimanches à 16h.

Par ailleurs, j’ai réalisé mon premier court-métrage en tant que réalisatrice avec deux grands messieurs, Michel Pilorgé et Guillaume Cantillon, et nous nous lançons dans l’aventure des festivals, en France et à l’étranger.

4/ Quelles ont été vos sources d’inspiration pour l’écriture de cette pièce ?

Le point de départ est toujours une envie ou un fond très personnel, pour décaler ensuite. Je fonctionne systématiquement comme cela dans mon écriture.

Je démarre à partir d’un évènement qui me touche, de quelque chose que je ressens ou d’une émotion. Dans le cas cité, le déclic est venu d’une discussion avec un ami qui souhaitait partir à l’étranger pour ne pas fêter Noel à Paris. Je m’y suis reconnue car il m’est arrivé par le passé de ne pas avoir particulièrement envie de sacrifier à la tradition.

Et j’ai constaté que pour beaucoup d’adultes Noël cristallisait angoisses et contraintes, j’ai donc eu envie d’aborder ce thème. La difficulté a ensuite été de trouver un ton inédit car Noël est un thème porteur au cinéma et au théâtre ! Je voulais apporter ma touche personnelle, un brin de fantaisie et, je l’espère, d’originalité.

Je suis partie d’une question simple : quels sont les personnages qui viennent à l’esprit quand on pense à Noël ? Me sont alors apparus, bien évidemment, le Père Noel mais aussi l’un de ses rennes et puis la dinde ! Haha. Après tout, c’est un personnage central ! Le dernier personnage est celui de Marie, la mère de Jésus mais c’est une Marie très loin de l’image religieuse, sans pour autant qu’elle puisse choquer les croyants je pense. Elle est très moderne et rejoint le Père Noel dans ses considérations désabusées sur cette fête.

5/ Parmi tous ces personnages que nous venons d’évoquer, lequel interpréterez-vous ?

Pour des raisons techniques, puisque j’effectue la mise en scène, je jouerai le dernier personnage qui apparait, à savoir celui de Marie.

Je dis souvent que, dans mes pièces, tous les personnages sont une partie de moi, ou vice et versa. C’est pourquoi j’aurai très bien pu interpréter un autre rôle mais je préfère mettre en scène et n’apparaitre que plus tard dans la pièce, du moins sur ce projet-là.

6/ Quelles sont, en parallèle, vos autres envies artistiques du moment ? Aimeriez-vous vous consacrer à un art en particulier ou la complémentarité de l’ensemble vous intéresse-t-elle davantage ?

C’est une excellente question ! La vie fait souvent que nous n’avons pas vraiment le choix. Prenons l’exemple de mon actrice américaine préférée, Meryl Streep, qui a toujours voulu être chanteuse mais qui a une carrière fabuleuse d’actrice, et quelle carrière ! Comment regretter ?!

La vie nous oriente parfois d’un côté ou d’un autre. Ce serait donc présomptueux de choisir un art en particulier. J’aime vraiment tout ce que je fais, c’est une passion dans laquelle je me retrouve et où je m’épanouis. Alors je dirais que je fais confiance à la vie !

Même si je devais ne garder qu’une seule casquette, je continuerais à pratiquer les autres arts en parallèle, dans la mesure du possible, ne serait-ce que pour moi. Je vois ces différents domaines comme un tout faisant partie de moi.

Par exemple je ne me force jamais à écrire, ça vient comme une évidence, j’ai toujours mes petits carnets sur moi et lorsque cela fait longtemps que j’ai traduit, j’ai besoin de revenir à des textes car ils me nourrissent.

Au fond, je suis convaincue de la complémentarité des arts parce que très souvent le cinéma est basé sur des grandes œuvres de la littérature. Et le chant, le chant c’est la vie aussi, le souffle…

7/ Les rythmes sont généralement soutenus sur les plateaux de tournage. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail ?

Plusieurs techniques existent sur la façon de travailler le texte. Il est nécessaire d’avoir une certaine souplesse pour pouvoir s’adapter aux besoins du metteur en scène ou du réalisateur. Dans la plupart des cas, j’ai pu constater que les réalisateurs laissent une liberté assez grande aux comédiens par rapport au texte. Toutefois, certains veulent retrouver mot pour mot le script original.

A titre personnel, j’apprends le texte en cherchant à retrouver une certaine fluidité et mon naturel.

La maîtrise du texte est essentielle avant d’arriver sur le tournage pour pouvoir prétendre ensuite à une certaine liberté dans la gamme du jeu.

8/ Pour terminer, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs du blog pour les inciter à suivre votre parcours mais aussi à venir vous voir sur scène en fin d’année ?

Si vous êtes passionnés, curieux, si vous avez envie de rire, de voir la vie autrement, de vous amuser avec intelligence et sans pour autant se prendre la tête alors suivez les fantastiques aventures de ma compagnie Multi-Vers et puis les miennes, si le cœur vous en dit, plus on est de fous, plus on rit !

Ce fut un plaisir Marie-Céline d’effectuer cette interview en votre compagnie !

Publié dans Théâtre

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