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Le médias blog de Julian

Marion Trémontels : parcours, passions, projets - elle évoque tous les sujets !

5 Juillet 2017 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision, #Théâtre

Crédit photo : @ MoHo Pourazizi

 

 

Bonjour Marion,

 

Quel plaisir d'effectuer cette interview en votre compagnie !

 

1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoigne votre parcours notamment en télévision, sur grand écran ou bien encore au théâtre. Qu'est-ce qui vous plaît tant dans l'exercice artistique ?

 

J'aime le fait qu'il y ait de nombreuses matières à exploiter. C’est avant tout la curiosité je crois. La découverte de certains textes et l’envie de travailler avec des gens venus d'univers très différents, tous avec des regards créatifs poussés sur ce qu'ils ont envie de dire. On rentre alors dans des univers sans savoir parfois du tout à quoi s'attendre. D'autres fois, on rentre dans une écriture. 

 

J'aime bien l'idée d'avoir des découvertes permanentes. 

 

2/ Ponctuellement, remarquez-vous quelques complémentarités entre ces différents exercices ?

 

Oui, je trouve même que cela navigue plutôt bien de l'un à l'autre et que c'est porteur de pouvoir doubler une recherche. Par exemple, jouer le soir au théâtre laisse souvent pas mal de temps dans la journée et la nourrir d'une activité artistique, que ce soit un autre projet ou de la lecture, est très enrichissant. Cela aide à changer chaque jour, à se renouveler en permanence. 

 

3/ Une expérience plus que toutes les autres vous a-t-elle marquée ? Pour quelles raisons ?

 

La première ! Je n’avais pas tout à fait 18 ans, j'étais en train de préparer mon Bac de français, ce fut un premier tournage, qui s'est fait avec Manuel Poirier, un réalisateur que je chéris. J'ai découvert un artiste de cinéma, ce fut une plongée dans le grand bain, une expérience formidable. J'avais ce désir de jeu depuis longtemps, mais surtout c'est arrivé au moment où je m'y attendais le moins, d'une façon que je n'aurais même pas pu imaginer moi-même. 

J'ai commencé avec ce film puis je me suis retrouvée peu à peu à faire du jeu mon métier. 

 

4/ Êtes-vous davantage attirée par un domaine en particulier ? Ou est-ce la diversité qui vous plaît ?

 

Je crois que c'est la diversité qui m'attire. Je n'ai pas de préférence. Le théâtre reste une passion absolue, je m'y suis formée. Au travers de trois écoles qui, chacune, m'ont montrées à quel point il y a des théâtres différents,  et à quel point la recherche du jeu est infinie pour un acteur.

 

J'ai commencé avec le conservatoire municipal du septième arrondissement. Ensuite je suis rentrée au Théâtre-studio d'Asnières pour une année. Puis j'ai été prise en 2010 au conservatoire national. J'ai rencontré beaucoup de copains avec lesquels je travaille encore actuellement et j'espère que cela durera longtemps. Ces rencontres sont formidables, nous nous sommes connus dans l'enfance, sans savoir les chemins artistiques que chacun prendrait, on en perd certains, on en retrouve d'autres et c'est à chaque fois le bonheur de les redécouvrir. 

 

Nous avons créé un festival avec certains d'entre eux, le Festival PAMPA, il se passe chaque été, en août, à la frontière entre la Gironde et la Dordogne. Venez ! Nous sommes un collectif d'une vingtaine de metteurs en scène et comédiens, avec comme point commun un amour de la diversité. On y retrouve du théâtre, de la création vidéo, sonore, de la musique, de l'écriture, des lectures, du clown. Ça se passe dans un cadre en plein air, populaire. C'est assez représentatif de ce que j'aime, travailler avec les mêmes gens sur des choses totalement différentes. 

 

5/ Face au rythme soutenu d'un plateau de tournage, quelle est votre méthodologie de préparation ?

 

Je viens de finir un téléfilm pour France 3, «Saignac circus», réalisé par Eric Duret qui sera diffusé à la rentrée. J’y joue une jeune circassienne, il a fallu que je me forme au tissu aérien, une discipline de cirque assez particulière, qui se rapproche du trapèze. Cela demande un soutien musculaire que je n'avais pas du tout. Mais du tout ! Pour le coup, ça a été un vrai travail de préparation pour mes deux partenaires et moi. J'aime quand on arrive avec quelque chose sur un plateau de tournage, cela veut dire qu'un bagage s'est un petit peu construit. 

 

Au fur et à mesure de mes expériences, je découvre que j'aime bien travailler de plus en plus en amont. Au début j'arrivais un petit peu comme ça, mais à présent, il me plaît d'avoir rêvé autour de la chose pour ensuite jouer le jeu du direct. En fonction de ce qu'apporte un partenaire. Surtout, on ne sait jamais quel sera le lieu de tournage, quels seront les décors, quelle sera l'envie du réalisateur donc c'est un art orienté sur le ici-et-maintenant. C'est un trac monstrueux, j'aime bien cette excitation là. 

 

6/ Juste avant de rentrer sur scène, quelles sensations prédominent en vous ?

 

Beaucoup de trac, une envie d'y aller, mais qui n'arrive généralement que dix secondes avant de commencer. Je suis assez silencieuse, j'ai un peu des tocs de préparation qui pourtant ne servent pas à grand chose. Souvent, si justement j'ai du temps, j'aime bien me poser dans la salle. Là où le public va être assis. Me mettre à sa place et relire un bout de mon texte en regardant l'espace du décor qui est prêt, qui est impeccable, en me disant que tout cela va tellement bouger. J'adore l'idée que quelque chose de propre va se salir, que l'on passe d'un espace vide à un espace habité...par un public et une mise en scène. 

 

Je me refais aussi parfois une sorte de parcours mental des déplacements, du coup c'est très concret, ce n'est plus du tout angoissant. Comme un petit voyage personnel. 

 

7/ Pour finir, quels sont vos projets et envies artistiques ?

 

Je suis en train de commencer les répétitions du Festival PAMPA dont je vous parlais. Notre festival populaire aura lieu du 11 au 20 août à Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, à côté de Bergerac. Je travaille avec ce collectif depuis quatre étés. Cette année, nous répétons Ivanov de Tchekhov, une adaptation des Trois sœurs appelée «J'ai su que je ne vivrais plus que pour me souvenir », une mise en scène de « Démons » de Lars Noren et un Cabaret Gainsbourg. Les metteurs en scène de cette édition sont Benjamin Porée, Matthieu Dessertine et Antoine Sarrazin. 

 

A la rentrée, le téléfilm Saignac Circus que j'évoquais sera diffusé, et je vais reprendre des dates de tournée d'un spectacle jeune public en langue des signes, créé par Angélique Friant, une marionnettiste dont la compagnie Succursale 101 est basée à Reims. C'est un spectacle avec lequel je tourne depuis maintenant deux années et qui continue son parcours. Ce sera jusqu’à Noël. 

 

L'année prochaine, je remonterai sur scène avec une pièce de Sarah Kane, « Blasted », mise en scène par Christian Benedetti au Théâtre-studio d'Alfortville. Nous avons créé la pièce en Janvier et nous la reprendrons en avril et mai prochains. 

 

Merci Marion pour votre gentillesse et votre disponibilité   !

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