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Le médias blog de Julian

Marion Lahmer évoque son actualité théâtrale !

11 Juillet 2017 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Bonjour Marion,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog  !

 

 

1/ Vous êtes actuellement sur la scène de la Grande Comédie, dans la pièce de Laurent Baffie, «Toc-Toc ». Comment présenter l'histoire ? Quelles thématiques y sont abordées ?

 

C'est l'histoire de six patients atteints de TOC, Troubles Obsessionnels Compulsifs, qui décident d'aller consulter. Ils se retrouvent dans la salle d'attente du médecin qui n'arrive pas. Du coup, ils vont être obligés de se parler, de faire connaissance et, évidemment, ça va découler sur des situations très drôles mais aussi touchantes. Ils vont devoir apprendre à se connaître, à se tolérer, avec leurs TOC.

 

On retrouve le syndrome Gilles de le Tourette, la nosophobie c'est à dire la peur des microbes et donc le fait de ne rien pouvoir toucher, le toc des vérifications en s'assurant trente fois par exemple que la lumière est bien éteinte, larithmomanie pour tout compter dans sa tête, le toc de symétrie qui empêche de marcher sur des lignes. Sans oublier mon personnage avec la palilalie et l'écholalie, le fait de tout répéter deux fois à l'identique.   

 

2/ Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

 

Lili est une fille de 23 ans, qui a perdu son papa quand elle était petite. Son toc vient de là. Si elle ne répète pas ce qu'elle dit, elle pense que cela aura des répercussions dans sa vie, par exemple la mort d'un être proche. On est plus en fait dans le domaine de la superstition.

 

Elle ne peut pas sempêcher de tout répéter de façon semblable, c'est compulsif. J'imagine que cela n'a pas été facile du coup pour elle à l'école, c'est une fille à mon avis timide, avec du caractère quand même. Même si elle n'est sans doute pas dans la souffrance en permanence, son quotidien est  certainement difficile.

 

3/ La pièce cartonne, les rires sont nombreux. Quelles sont, selon vous, les clés de cette réussite ?

 

Je pense déjà que l'écriture de Laurent Baffie y fait beaucoup, elle est extrêmement efficace. L'idée est de se demander au début ce que sont ces fous puis, d'un coup, tout est tellement entre-maillé qu'une machine de guerre se met en place. Les gens nous suivent et on sent souvent qu'ils sont pris.

 

Ce n'est pas juste du boulevard et de la blague, il y a aussi quelque chose de touchant. Les TOC concernent beaucoup de monde et, là, les traits sont tirés pour la comédie. Cela touche pas mal les spectateurs. C'est aussi un sujet très peu traité, les gens s'y reconnaissent.

 

4/ Les particularités de chaque personnage impliquent-elles des adaptations, notamment dans votre jeu, comparativement à un rôle plus traditionnel  ?

 

Au début, j'ai eu beaucoup de mal car il est impératif que les phrases soient répétées de la même façon. Au théâtre, il faut écouter un peu ce que l'on fait mais pas trop, sinon on s'écoute jouer et cela n'a aucun intérêt. Il faut donc en même temps être dans l'instant, dans la vérité de l'instant mais aussi toujours garder une oreille sur ce que l'on dit pour pouvoir le répéter exactement pareil. Cest un travail très intéressant.

 

Mes débuts ont été d'autant plus intenses que j'ai eu deux jours pour reprendre le rôle et devenir alternante. La première fut donc bien chargée et je suis même tombée dans les pommes, arrêtant la représentation pendant une dizaine de minutes.

 

5/ Plus généralement, quels sont vos autres projets artistiques ?

 

J'ai des dates de tournée d'une pièce que j'ai jouée l'année dernière en Avignon, «Landru et fantaisies», de Christian Siméon. J'ai des projets de pièces mais pour l'instant rien n'est encore confirmé.

 

Ce métier permet de faire plein de choses, l'écriture et la mise en scène m'intéressent aussi.

 

6/ En conclusion, que dire pour inciter les lecteurs, si ce n'est pas déjà fait, à venir voir la pièce ?

 

Je crois beaucoup au divertissement drôle sans être idiot ou humiliant. C'est une vraie pièce de boulevard, une vraie pièce drôle, avec des comiques de situation, de caractère, de répétition. Il y a vraiment tous les traditionnels ressorts du théâtre, avec aussi une distribution aux nombreux personnages, ce qui est assez rare aujourd'hui. Il y a une vraie palette, des acteurs de 20 à 70 ans. C'est la réunion de plein de comédiens de différentes générations, ce qui est intéressant. Notamment Georges Beller, un grand acteur de boulevard. On se donne beaucoup, on est tous très investis dans notre rôle.

 

C'est l'occasion de se divertir tout en étant touché. Vous passerez une bonne soirée de vraie théâtre, sans que ce soit vulgaire. C'est plus profond que cela, c'est rire de la situation tragique de ces gens sans s'en moquer. Ça fait du bien à tout le monde, on oublie pendant deux heures son quotidien.

 

Ce fut une joie, Marion, d'échanger avec vous !

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