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Le médias blog de Julian

Denis Cherer évoque sa riche actualité théâtrale !

10 Juillet 2017 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Bonjour Denis,

Quelle joie de nous entretenir avec vous !

1/ Vous êtes à l'affiche, au Festival d'Avignon, de la pièce « Les nœuds au mouchoir » dont vous êtes l’auteur, avec Anémone et votre frère Pierre-Jean Cherer. Pour commencer, quelle histoire y est racontée ?

C'est l'histoire de deux frères fâchés, qui s'évitent, parce que tous les opposent. Jean est artiste, rêveur, au chômage, sa femme l'a quitté, ses enfants ne veulent plus le voir, mais il est aux petits soins pour sa mère. L'autre est courtier d'assurances, il a une femme, une maîtresse, mais il fuit les visites chez sa petite maman, même s'il l'aime beaucoup, car il n'a pas le temps. Il a surtout peur d'être confronté à sa maladie, car elle perd la boule.

Par une erreur d'emploi du temps, ils vont se retrouver, en même temps chez leur mère. La pièce raconte cette soirée, avec ce duel, cette confrontation entre ces frères et surtout le constat. Parce que, pendant une heure vingt, ils vont s’apercevoir que leur mère commence sérieusement à dérailler. Cela va, au départ, les éloigner pour ensuite les rapprocher.

2/ Que dire de votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Il fuit devant la maladie de sa mère. Pour preuve, il garde son pardessus pratiquement toute la pièce. En fait, il est censé venir récupérer une lettre contenant l'admission de sa maman pour la maison médicalisée dans laquelle il veut la placer. Évidemment son frère est contre, il veut la garder chez elle. C'est aussi l'un des thèmes de la pièce.

Bref, il est fuyant, volontairement obtus par rapport à l'admission de sa maman et ne supporte ni l'inactivité de son frère ni son avis contraire pour la gestion de leur maman. Il est un homme pressé, qui pense avoir pris la bonne décision.

Mais c’est avant tout une pièce d'amour, car tous les deux aiment leur maman. La maladie d'Alzheimer n'en est qu'au début, ce qui nous permet d'en rigoler. La pièce est principalement comique.

3/ La pièce a cartonné en tournée. Quelles sont, selon vous, les clés de ce succès ?

L'émotion du public. Il passe du rire aux larmes et se reconnaît dans la pièce. Parce que je crois que, de plus en plus, cette maladie touche le plus grand nombre. A la fin des représentations, nous avions toujours des témoignages de spectateurs concernés par ce fléau.

Mais il n'y a pas de sentiment de malheur en sortant de la pièce, ce n'est pas plombé, cela reste sur fond positif. Évidemment, je parle d'un sujet sensible mais pas de façon dramatique. Cela reste de l'amour et souvent de l’humour. La famille se réunit non pas grâce à cette maladie mais sur fond de cette maladie. Et bien sûr, Anémone est formidable !

4/ L'interprétation d'une pièce en Avignon, au Festival, implique-t-il des adaptations, comparativement à des dates plus classiques sur Paris ou en tournée ?

Oui, tout à fait. Cela implique beaucoup de changements. Il y a énormément de spectacles pendant ce Festival. Du coup, quand on loue un théâtre, on n'y est pas seul. Il y a des pièces avant et après. Dès onze heures du matin. Nous sommes obligés d'adapter le décor, de le rendre moins lourd et nous sommes contraints d'aller plus vite.

La dynamique reste la même, il faut juste faire un plan média qui soit adapté à Avignon. Il faut tenir compte aussi de la chaleur, une vraie soupière.

5/ En parallèle, quels sont vos autres actualités et projets artistiques du moment ?

Nous allons reprendre la pièce à Paris au Palais des Glaces, à partir du 4 octobre avec, entre temps, quelques dates en province. Je mets aussi en scène une autre pièce en Avignon, dont je suis coauteur avec Maria Ducceschi, « Qu'allons-nous faire de nos vieux ? ». C'est un duo, une comédie sur un thème qui ne s'éloigne pas de celui que nous venons d'évoquer. Dans l'histoire, deux personnes âgées fuguent d'une maison de retraite et la pièce met en avant leurs deux enfants respectifs essayant de les retrouver. Saverio Maligno accompagne Maria sur scène.

J'ai aussi le projet d'une autre mise en scène, avec Patrick Préjean et Justine Thibaudat, d'une pièce adaptée d'un roman de Henry James, qui raconte l'histoire de l'écrivain jeune. C'est une pièce fantastique et romantique.

6/ Pour finir, qu'avez-vous envie de dire à nos lecteurs pour les encourager, si ce n'est pas déjà fait, à venir vous voir scène pendant le Festival ?

Il y a pas mal d'attraits. Anémone est quelqu'un de formidable, elle sert le rôle de façon unique. C'est une comédie qui parle d'un sujet sensible, vous rirez et vous serez aussi ému.

C'est également un projet personnel, qui raconte l'histoire de ma mère qui avait cette maladie. Je suis donc touché par les réactions des spectateurs.

Merci Denis pour votre disponibilité !

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