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Le médias blog de Julian

"Jardins secrets", en juillet au Festival d'Avignon - Les 3 comédiennes nous racontent l'histoire de cette pièce !

5 Juin 2017 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Bonjour Mélodie, Marina et Raphaëlle,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps !

 

1/ Vous êtes actuellement à l'affiche, au théâtre BO Saint-Martin de la pièce « Jardins secrets ». Quelle histoire y est racontée  ? Quelles thématiques sont proposées ?

 

Mélodie  : L'amitié, les femmes et les enfants. Comment fait-on aujourd'hui, à 35 ans, sans avoir vraiment le temps pour gérer simultanément 3 tableaux  : la mère, la femme et la copine  ?

 

Raphaëlle  : Cela raconte l'histoire de 3 femmes qui, à la base, n'ont aucun point commun. En tout cas, très peu. Elles n'auraient pas dû se rencontrer mais vont finir par le faire sur un banc, dans un parc, grâce à leurs enfants. C'est une très belle histoire d'amitié, montrant que les différences sont aussi des atouts dans l'amitié.

 

Marina  : Quelque chose que l'on n'explore pas toujours, l'amitié entre les femmes. Évidemment, elles parlent entre autres aussi d'histoires d'amour.

 

Elles n'ont, à priori, rien à se dire car, socialement et intellectuellement, elles sont un peu différentes. Puis, finalement, une amitié va se construire sur fond de confidences, elles vont comprendre que même si des choses ne sont pas identiques dans leurs idéaux, dans leur façon de voir la vie, elles se ressemblent.

 

2/ Comment présenteriez-vous vos personnages respectifs ? Quelles sont leurs principales caractéristiques ?

 

Mélodie  : Maryline est dans la lune, elle est cool. Elle a 2 enfants et c'est une vrai gentille. Elle pense toujours aux autres, ne les juge jamais et elle a des histoires compliquées avec les hommes.

 

C'est un peu la fille qui ne prend jamais le bon chemin, qui préférera toujours aller dans la boue plutôt que sur le chemin avec cailloux, car c'est plus sympa.

 

Raphaëlle  : Je suis Sandra, une très grande avocate au barreau de Paris, qui n'a le temps de rien, qui passe son temps à courir, qui est du coup très organisée car sa vie est chronométrée.

 

Elle est un petit peu prétentieuse, un peu dédaigneuse, elle a énormément d'amants pour combler un certain vide mais elle a un grand cœur.

 

Marina  : Anne-Charlotte est une jeune femme un peu naïve. Elle vient de Bretagne, elle a épousé un aristocrate parisien. On comprend que sa belle-famille est très rude avec elle, il y a des codes qu'elle n'a pas. Elle est catho, elle correspondait très certainement à ce que Jean-Eudes attendait pour un modèle féminin à la maison, qui s'occupe des enfants. Mais, du coup, elle a des envies autres, de s'épanouir dans autre chose. Comme elle ne travaille pas, elle ne sait pas trop dans quoi ni comment.

 

L'évolution est très jolie, d'abord très débordée par toutes ses maternités successives. Puis, d'un coup, quelque chose va se passer, elle va parler de son couple, elle va se rendre compte que vraiment elle aime Jean-Eudes, qu'elle voudrait que ça se passe mieux. A la fin, elle va trouver cette histoire, quelque chose qui les dépasse toutes les trois, un drame, qui va la transformer définitivement. Elle va vraiment donner parce qu'elle a envie de donner. Elle est gentille, généreuse, elle va trouver un sens, à qui donner, comment. Cela ressemble à ce qu'elle croit, notamment la famille. Elle va comprendre que l'amour peut aussi exister entre deux hommes et, finalement, c'est bien cela le plus important.

 

Elle est, au départ, coincée dans quelque chose de religieux, elle aimerait comprendre le monde. C'est juste qu'elle n'en a pas eu l'occasion car, en réalité, elle est fatiguée d'avoir eu autant d'enfants. Elle va se confronter à autre chose avec, certes des désaccords, mais surtout de la douceur. Du coup, l'amitié peut naître avec les deux autres personnages parce qu'elles vont chercher à se comprendre.

 

 

3/ La pièce plaît beaucoup aux spectateurs dans la salle. Justement, quelles sont, selon vous, les clés de cette réussite ?

 

Mélodie  : Cela plaît beaucoup aux femmes car elles s'y retrouvent, notamment dans le lien avec les enfants. J'ai des copines maman qui ont trouvé la pièce géniale. Ça plaît aussi aux hommes, qui découvrent et voient les femmes sous un autre jour.

 

Raphaëlle  : C'est une pièce à la fois légère, touchante et profonde, écrite par Béatrice Collas. Je la comparerais un peu à une sorte de comédie romantique. C'est drôle, c'est assez touchant, je pense que les personnages ne sont pas caricaturaux. Ça parle au public.

 

Marina  : C'est positif. Même si l'on aborde le viol d'une femme ou encore l'histoire de Jacqueline Sauvage, on apporte parfois un peu d'humour noir. On est un peu en légèreté alors que, dans le fond, ce sont quand même de vrais sujets.

 

Les spectateurs peuvent forcément se retrouver dans l'un des personnages. Il y a forcément des parents qui sont débordés par leurs enfants. Ou qui sont coincés dans des clichés qu'ils ont sur les autres. Mais cela va s'effondrer assez vite, pour se reconstruire autrement, en amitié.

 

4/ Vous serez au Festival d'Avignon en juillet prochain. Comment se démarquer face aux 1300 autres spectacles proposés ?

 

Mélodie  : Je vais beaucoup parler aux gens, en distribuant des flyers. Je ne fais pas la distribution juste pour faire la distribution. J'en profite pour leur raconter un peu l'histoire.

 

Raphaëlle  : On va essayer de tracter et de parler de la pièce comme nous sommes en train de le faire pendant cette interview. Pour donner envie aux gens, en leur expliquant que c'est une belle histoire d'amitié, touchante.

 

Marina  : Il y a tellement de festivaliers en Avignon qu'il y a toujours des gens ayant envie de voir des comédies romantiques. Donc il y a un public pour cela. On le trouve, on sait où il est. En général, il nous cherche, il nous trouve. Il faut aussi en parler, bien évidemment tracter, ne pas cesser d'en faire la promotion.

 

La mise en scène d'Elza amène des choses qui touchent les gens, qui les fait aussi beaucoup rire. Avec cette légèreté nécessaire également à ce que l'on veut aborder comme sujets. On rigole surtout beaucoup de nous-même, les femmes, parce que, oui c'est vrai, il y a des moments où nous sommes débordées, où l'on ne sait plus comment faire. On doit être à la fois la mère, l'amante, la maîtresse, c'est dur, ça fait beaucoup de choses. Mais on en sourit.

Encore aujourd'hui, des gens de 60 ans ont adoré, ils se sont revus, ils y ont vu leurs enfants. C'est très contemporain, ça parle à tous.

 

5/ Quelle suite aimeriez-vous donner à cette pièce ?

 

Mélodie  : Nous aimerions bien avoir une production qui nous suit, pour avoir une programmation du mardi au samedi. Actuellement, nous jouons une fois par semaine, ce n'est pas évident.

 

Raphaëlle  : Le but est d'essayer de trouver des programmateurs en Avignon pour, pourquoi pas à la rentrée, être sur scène à Paris ou en tournée, voire même les deux. Ça serait génial  !

 

Marina  : Nous aimerions, en Avignon, essayer de vendre des dates de tournée. Peut-être aussi la jouer à Paris pour ensuite l'interpréter en région. J'adore aller en province, je trouve le public très généreux, très sympathique, attentif.

 

6/ Pour conclure, que dire pour inciter, si ce n'est pas déjà fait, nos lecteurs à venir vous voir sur scène ?

 

Mélodie  : Venez, parce que c'est intelligent, parce que l'on rigole, parce que l'on réfléchit. On fait pas mal de choses en même temps, c'est chouette et ça change un peu. Ce n'est pas que du rire pour du rire, il y a un message derrière. Il y a un joli fond, celui de l'amitié entre 3 filles.

 

Raphaëlle  : Vous avez une diversité incroyable sur scène, avec une brune, une blonde et une rousse. Que demande le peuple ?

 

Venez, vous allez passer un bon moment, vous allez rire, vous allez sourire, vous allez peut-être verser votre larme. C'est un ascenseur de plein de jolies choses, de plein d'émotions différentes et nous sommes très contentes de jouer ces personnages !

 

Marina  : C'est un spectacle abouti que nous avons envie de défendre toutes les trois. Parce qu'on défend nos personnages, qui sortent des clichés, nous ne sommes pas dans la caricature, nous avons évité absolument cela je crois.

 

La mise en scène d'Elza est rapide, fraîche, enjouée, pétillante. Donc on sort, je crois, heureux, content. Certes, elles se sont battues, mais tout va bien.  Il y a quelque chose d'hyper positif. Oui, ça rit, mais il y a un fond. On rit de choses profondes, ce n'est pas une pièce en creux, ce n'est pas du rire juste pour du rire, ce n'est pas vulgaire, ça va plus loin. C'est pour cela que l'on a envie de la défendre.

 

Ce fut un plaisir de nous entretenir avec vous !

 

"Jardins secrets"

Une pièce de Béatrice Collas

Mise en scène par Elza Pontonnier

Du 18 au 29 juillet à 12h 30

Relâche le 24 juillet

Au BO Novotel Avignon

Dernière date parisienne le 24 juin à 18h 45

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