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Le médias blog de Julian

Clémentine Lebocey évoque ses actualités théâtrales et ses projets !

14 Juin 2017 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Bonjour Clémentine,

Quel plaisir de nous entretenir avec vous   !

1/ Vous êtes actuellement à l'affiche, au théâtre 13 Jardin, de la pièce « Chat noir!». Quelle histoire y est racontée ?

On retrace l'ambiance du cabaret du Chat noir, fondé en 1881, par Rodolphe Salis, un barman un peu truand qui adorait les artistes. Il a ouvert ce cabaret, dans un ancien bureau de poste, boulevard Rochechouart. Des peintres, des sculpteurs, des poètes, des chansonniers et des auteurs s'y réunissaient.

Pour moi, ce sont les précurseurs de l'anarchisme, des artistes « je-m’en-foutiste » qui se réunissaient et qui buvaient des coups, s'amusaient à faire des bêtises et à se faire rire les uns les autres. Dans ce spectacle nous sommes sept, tous comédiens, chanteurs et musiciens. Nous jouons à vivre ce qu'étaient les cabarets de l'époque, c'était une période riche politiquement parlant... On est juste après la Commune et l'édification du sacré cœur... La première guerre mondiale n'est pas loin d'éclater...

C'est un climat houleux, mais la vie continue. Et c'est ce qui caractérise ce spectacle : la vie avant tout !

2/ Comment décririez-vous votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques?

Étienne Luneau, le metteur en scène et directeur de la Compagnie Grand Théâtre, nous a suggéré  pendant la création de nous inspirer de personnes populaires de l'époque. Je joue donc le rôle, ou plutôt la « figure » d'Yvette Guilbert, une diva de l'époque, que Toulouse-Lautrec a beaucoup dessinée, et qui chantait notamment « Madame Arthur ».

3/ Quelle suite aimeriez-vous lui donner?

Une tournée est en préparation. Nous travaillons avec une chargée de diffusion qui nous aide à mettre cela en place. Peut-être Avignon en 2018...

C'est un spectacle qui plaît énormément, c'est très joyeux. On arrive à créer une chaleur avec le public, ce dernier est investi comme s'il était au cabaret. Les gens chantent avec nous, il y a une sorte de familiarité qui se crée sans être vulgaire. Le public fait partie du spectacle.

4/ En parallèle, vous serez présente au Festival d'Avignon, en juillet, avec la pièce à succès «Anquetil tout seul». Pour ceux qui ne l'auraient pas vue sur Paris, comment la présenter ?

Cette pièce a été mise en scène par Roland Guenoun, fan inconditionnel d'Anquetil, un grand coureur cycliste des années 60. Il y a trois ou quatre ans je crois, il est tombé sous le charme du texte « Anquetil tout seul » écrit par Paul Fournel.

Dans cette nouvelle, Paul Fournel se pose des questions sur Anquetil. Cet homme qui a remporté cinq Tours de France, accompli des exploits en vélo que personne n'a encore égalés, et qui malgré ça, n'était pas aimé du public. On a tous en mémoire l'éternel second d'Anquetil, notre cher Poulidor.

Roland a alors voulu mettre ce texte en scène, se disant que ce héros tragique pouvait susciter l'intérêt de chacun... Sa vie est monumentale tant sur le point professionnel que sentimental ! Anquetil a défié beaucoup de morales sociales, et en cela il perturbe, il déplace le regard.

La pièce raconte donc l'histoire de ce coureur atypique que Matila Malliarakis incarne. Sur scène gravite autour de lui une quinzaine de personnages, notamment Géminiani son manager, tous joué par Stéphane Olivié-Bisson. J'y joue Janine Anquetil, la femme de Jacques, qui l'a accompagné pendant toute sa carrière. Je pense que Jacques Anquetil n'aurait pas été ce qu'il a été sans elle.

Je fais aussi deux autres rôles, la fille de Janine et celui de la fille de Jacques.

5/ La pièce est intense, en souvenirs et en émotions. Comment l'avez-vous abordée d'un point de vue artistique ?

Même si c'est un roman, le contenu est inspiré d'une histoire vraie, que nous, comédiens, metteur en scène et techniciens avons ensuite transformée à notre guise. L'histoire que nous racontons est délicate, car elle raconte des êtres qui ont vécu, et qui vivent encore aujourd'hui. On tâche d'être à la fois fidèles tout en cultivant l'irrévérence. Ça nous permet d'emmener la réalité ailleurs.

Je me suis inspirée de la vie de Janine, j'ai lu son livre, vu des reportages, des interviews sur elle et Jacques. J'ai rencontré Janine et Sophie, cela a été très important pour mon travail, pour me rendre légitime, en quelque sorte, d'incarner et de détourner ce qu'elles sont.

Nous avons discuté de longues heures avec l'équipe, écouté les anecdotes des proches d'Anquetil, et avec Roland on a aussi pas mal travaillé à rendre crédible le fait que j'interprète une femme plus âgée que je ne le suis actuellement.

6/ La concurrence est soutenue en Avignon. Que faire pour se démarquer ?

J'ai confiance dans le travail que l'on a fait. C'est un spectacle dans lequel je prends beaucoup de plaisir, j'y suis très heureuse. C'est une pièce, à mon sens, populaire. Chacun peut s'y retrouver. Ce spectacle est un mélange des genres. Il y a la poésie du texte de Paul Fournel, un côté plus philosophique avec la question du dépassement de soi et de la liberté, mais surtout le sport n'est pas le seul sujet du spectacle ! Le spectateur est porté, comme au cinéma par une histoire à intrigues, où les rebondissements ne manquent pas...

Les gens nous ont souvent dit sortir « hypnotisés » du spectacle. Le travail de vidéo réalisé par Léonard n'y est pas pour rien. Il y a des images d'archives qui sont projetées, des sons de l'époque qui sont diffusés, d'ailleurs Stéphane imite à la perfection Léon Zitrone... Les nostalgiques des années 60, s'y retrouveront !

Janine et Jacques étaient les Bonnie and Clyde du moment, ils jouaient avec les règles, tentaient des coups de poker pour mener à bien leurs projets. Jacques c'est un précurseur du libéralisme, avec tout ce que ça a de contestable, c'est pour ça que ça peut parler aujourd'hui. Ça vient poser des questions là où ça fait mal.

7/ Qu'avez-vous envie de dire pour inciter nos lecteurs à venir vous voir sur scène?

Le travail que je mène, dans les deux projets, est bien entendu un travail personnel mais c'est avant tout un travail très collectif. Ce sont des spectacles que l'on pense collectivement, on y sculpte une pensée, on essaie de lui donner une forme pour arriver à une création qui nous parle à tous. Ça demande du temps, de l'écoute, du respect. Mais après on devient d'autant plus responsables de ce qu'on dit, joue, interprète, et ça, ça crée beaucoup de joie. Et cette joie de travailler ensemble se transmet, je pense, aux spectateurs pendant les représentations.

8/ Pour finir, quelles sont vos autres actualités du moment ?

Je travaille aussi avec un collectif, Les B-ateliers, sur la péniche Adélaïde, amarrée au canal, vers Jaurès. Nous sommes trente artistes, metteurs en scène, comédiens, scénographes, techniciens, son et lumière. Nous y faisons des conférences, des spectacles, des concerts, des projections de cinéma, des cabarets.

Nous faisons une programmation à l'année et les gens sont invités à venir sur la péniche avec une participation à prix libre. Les spectateurs mettent ce qu'ils veulent sur la table en fonction de leurs moyens.

La péniche descend à partir du 12 juillet de Paris, pour rejoindre Avignon. Les 14, 15 et 16 juillet, nous serons à Aramon, à côté d'Avignon, et on proposera trois belles soirées ! Donc, la bienvenue à qui veut nous découvrir !

Merci Clémentine pour votre disponibilité !

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