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Le médias blog de Julian

Emmanuel Menard : parcours, passions, projets, il nous dit tout !

16 Mai 2017 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision, #Théâtre

Crédits photo :   © inanisphotographe.com

Bonjour Emmanuel,

 

Quel plaisir de nous entretenir avec vous !

 

1/ Vous êtes un artiste aux multiples talents, notamment auteur et comédien. Qu'est-ce qui vous plaît tant dans l'exercice artistique ?

 

C'est une bonne question que je ne m'étais jamais vraiment posée dans ces termes-là. Je pense que le dénominateur commun, c'est avant tout la créativité. Pendant longtemps, j'ai écrit et cela fait une dizaine d'années que j'ai un peu arrêté cette partie et notamment l'écriture de romans. Ce qui me plaisait beaucoup était le fait de créer et de raconter des histoires.

 

Je pense que, d'une certaine façon, l'acting, c’est un peu la même chose. Ce n'est pas forcément moi qui écris les histoires, en général ce n'est pas le cas, mais c'est une autre façon de les raconter et de les transmettre. Au fond, il s’agit à chaque fois d’embarquer quelqu’un, le lecteur ou le spectateur, dans une aventure narrative. La différence est simplement d’en être le créateur, ou seulement le tour-operator !

 

2/ Retrouvez-vous une certaine complémentarité entre ces deux casquettes ?

 

Or de cette idée d’emmener le lecteur / spectateur avec soi, je crois vraiment que ce sont pour moi des processus très compartimentés. La jonction peut se faire lorsque je mets en scène. En ce moment, je le fais pour un spectacle musical à Laval qui mêle de la danse, du chant, de la lecture de texte. Quelque part, c'est un peu le croisement des deux choses. Il y a l'aspect acting que j'essaie de transmettre aux gens qui sont sur le plateau. Et puis il a fallu inventer le spectacle, le créer, prendre tous ces éléments qui m'étaient donnés comme point de départ pour les accrocher entre eux et faire un patchwork. On touche alors plus l'aspect créateur.

 

3/ Pour l'écriture, quelles ont été ou quelles sont actuellement vos principales sources d'inspiration ?

Cela dépend complètement. Le premier roman que j'ai publié était un roman policier, un Jack l'éventreur, où l’on sentait vraiment les influences de Conan Doyle et Agatha Christie. On y retrouvait clairement ce que j'avais pu lire au cours des années précédentes, ce qui faisait ma culture et mon substrat littéraires. C'était un peu une absorption et une régurgitation de choses que j'avais pu lire. Avec en outre une importante phase de documentation sur l’affaire Jack L’Eventreur et le contexte socio-historique du Londres de la fin du 19ème siècle.

 

A l’inverse, un autre livre que j'ai écrit par la suite, « C'est toujours moins grave qu'une jambe cassée » était très ancré dans une observation de ce que j'avais pu vivre ou voir autour de moi. Il était nourri non pas de références littéraires mais de vécu.

 

Un autre de mes romans, un roman d'anticipation, « Le sommeil du juste », a été conçu suite à un rêve, que je m'étais dépêché de mettre sur un bout de papier en me réveillant ; je m’étais dit que cela ferait un bon point de départ de roman, et en l’occurence c’était vrai - on se dit souvent ce genre de chose, et parfois, à tort.

C’est à partir de ce rêve (ou du souvenir que j’en ai gardé au réveil, et ce n’est peut-être pas du tout la même chose) que j'ai par la suite développé le roman.

 

4/ Sur les plateaux de tournage, le rythme est souvent très soutenu. A ce titre, avez-vous une méthodologie particulière de préparation en amont ?

 

Il y a déjà le fait d'apprendre le texte et d'essayer de l'apprendre à plat, ce qui est très difficile.Quand je l'apprends, j'y mets vraiment les intentions, sauf que ce sont celles que je vois, ce ne sont pas forcément celles que le réalisateur va vouloir y mettre. Ça peut devenir ensuite compliqué de sortir du moule dans lequel on s'est coulé. L'idéal est d'apprendre le texte à plat et ensuite seulement d'arriver avec des intentions mais qui sont du coup beaucoup plus facilement transformables car on ne les a pas assimilées en même temps que le texte. Maintenant j'essaie vraiment de faire cela, mais dans la douleur car ça ne m’est pas du tout naturel.

 

Je m'efforce aussi de l'apprendre en environnement bruité, dans le métro ou dans la rue. Je pense qu'à partir du moment où on arrive à bien l'assimiler et le maîtriser dans un tel environnement, on peut jouer n'importe où, n'importe comment, n'importe quoi.

 

Les modes de fonctionnement des réalisateurs sont tellement diverses qu'il n'y a pas de recette générale. Il m'est arrivé plusieurs fois, sur un plateau, de me retrouver sans réelle direction d'acteurs. On doit alors se faire sa propre mise en scène, il faut donc quand même arriver un peu avec des billes pour être capable de s'en sortir tout seul si on ne nous dirige pas.

 

5/ Plus généralement, quels sont vos actualités, projets et envies artistiques ?

 

J'ai joué dans le film de Robin Campillo « 120 battements par minutes » qui est à Cannes actuellement. J'ai aussi des projets théâtraux pour la rentrée et une création musicale à Laval en novembre-décembre prochains, que j’ai écrite et que je mets en scène. A la rentrée également devrait être diffusée la saison 3 de « Purgatoire », une websérie pour laquelle j’ai une certaine affection car c’est la 1ère dans laquelle j’ai joué. Et j’ai également en vue plusieurs courts métrages ou webséries, notamment avec des amis - des collègues de travail qui sont devenus des amis au cours du temps et des tournages.

 

D’autre part, comme je vous le disais, j'ai repris l'écriture mais cette fois-ci de scenarii. Je suis actuellement sur le développement de plusieurs projets en coécriture, dont notamment l'adaptation de mon roman « Le sommeil du juste » avec Guillaume Ribes - qui est justement le créateur de la websérie « Purgatoire » dont je parlais.

 

6/ Votre parcours est très hétéroclite, avec beaucoup de domaines et de virages. Pourriez-vous nous le raconter ?

 

Ce parcours s’est construit un peu tout seul, malgré moi, même si cela me convenait tout à fait. Disons que je me laissé porter par le vent en étant consentant. A l’origine, j'étais ingénieur. Mais au bout de 3 ans d’exercice de l'ingénierie, je me suis aperçu que je n'appréciais pas forcément plus que cela mon métier.

 

Du coup, je suis parti vers 2 ans de ressources humaines. Ce qui dans l'absolu aurait pu me plaire mais la lourdeur de la structure a fait que je me suis senti un peu à l'étroit. J'ai arrêté pour devenir professeur de français pendant 10 ans. Je me suis éclaté, c'était vraiment très agréable, j'étais vraiment fait pour cela, je me sentais à ma place, ce qui est fondamentalement ce dont on a besoin pour se sentir bien. Au bout de ces 10 années, j’ai commencé à tourner en rond, les choses étaient trop bien en place, j’au eu besoin de changement.

 

Pour essayer autre chose, j'ai fait de la direction d'établissement, j'ai été proviseur adjoint pendant 2 ans, mais cela ne m'a pas plu du tout. Je suis alors allé travailler pendant 5 ans avec un ami qui avait créé une agence artistique de chanteurs d'opéra, sur la partie administrative de l'agence. Comme c'était un travail à mi-temps, j'ai commencé à faire des tournages à côté, de façon très amateur, très ponctuelle. Je me suis aperçu que cela me plaisait beaucoup plus que ce que je pensais. J'en suis venu à me dire que je pourrais même essayer d'en faire mon métier. J'avais un peu plus de 45 ans à ce moment-là, cela faisait de nombreuses années que j'exerçais des métiers sérieux,  j'ai alors pensé que je pourrais pratiquer un métier « moins sérieux » et me faire vraiment plaisir.

 

Cela fait du coup bientôt 3 ans que j'ai arrêté toute autre activité professionnelle pour ne faire que cela. Ce qui me plaît énormément. Je ne devrais donc pas re-bouger avant quelques autres années, si ça continue comme ça.

 

Merci Emmanuel pour votre disponibilité !

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