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Le médias blog de Julian

Diana Meierhans : parcours, projets, actualités - elle nous dit tout !

27 Novembre 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre, #Télévision

Bonjour Diana,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Vous êtes une jeune artiste aux multiples casquettes, comme en témoignent vos expériences sur scène, sur petit écran, sur grand écran ou bien encore en publicité. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ? Pourquoi prenez-vous chaque jour tant de plaisir à exercer ce métier ?

J’aime découvrir et dénicher le plus de facettes possibles, pour toujours être dans la métamorphose et pour trouver quelque chose de différent dans chaque rôle. Ce qui me permet de connaitre plusieurs styles. J’ai toujours envie d’être dans la recherche.

L’école que je viens de terminer en Suisse, l’Accademia Teatro Dimitri à Verscio, l’une des quatre Hautes écoles de théâtre de Suisse, est particulièrement basée sur le mouvement, elle prône la création et permet de toucher à de multiples disciplines, comme l’acrobatie, la danse, l’improvisation, le mime, le clown, le masque, le rythme, et bien d’autres encore, qui viennent compléter le métier d’acteur. Ce qui me correspond vraiment bien car, avant de commencer ma formation, j’avais déjà pratiqué de la danse, de l’opéra ou bien encore du violoncelle. J’avais vraiment envie de continuer dans cette idée de polyvalence.

Parallèlement, mes collaborations avec des photographes m’ont permises de connaitre le monde de l’image en tant que modèle, et ce sont ces expériences qui m’ont ensuite amenée sur les plateaux de tournage.

Je suis tout le temps en recherche de nouveaux challenges.

2/ D’un point de vue artistique, retrouvez-vous une certaine complémentarité entre les différents domaines précédemment évoqués ?

Complètement ! A l’école, il y avait finalement peu de travail de texte mais beaucoup de corps. Je me suis rendue compte, sur les tournages, que cela m’aidait énormément. Je pense qu’à travers le corps et le regard, on peut souvent dire bien plus que les mots. Et le monde de la photo m’a permis aussi d’apprendre à mieux cerner mon image et mon rendu à l’écran.

La polyvalence est donc extrêmement utile.

3/ Juste avant de rentrer sur scène, quelles sensations prédominent en vous ?

J’ai toujours le trac, mais plus tôt dans la journée. Sauf avant une première, où je ne tiens plus en place ! Mais une fois que j’entends le public, je suis alors rassurée, c’est de la joie et de l’excitation d’entendre les gens qui sont là. Ce qui m’aide à donner mon maximum.

Sur les plateaux de tournage, le rythme est généralement soutenu. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail en amont ?

Il est très important de savoir son texte sur le bout des doigts, pour ne pas avoir à y penser. Je suis quelqu’un qui aime travailler avec la pression, j’apprécie devoir tout donner d’un coup. Sur les tournages, il y a peu de temps pour répéter, la spontanéité des plateaux n’est pas toujours évidente, mais c’est un défi qui me plaît. Cependant ce stress de ne pas avoir eu de répétition fait parfois sortir de belles choses très spontanées que, parfois, le théâtre ne permet pas. Ce qui me plait bien.

J’aime parfois ne pas trop me préparer ou avoir un jeu trop fixé d’avance pour ne pas tomber dans un certain automatisme, j’aime rester malléable.

4/ Vous êtes actuellement sur scène, avec notamment le rôle d’Eurydice, dans le spectacle « Antigone – Fragments d’un mythe ». Pourriez-vous nous en dire davantage sur ce beau programme ?

C’est un collectif que nous avons fondé directement après l’obtention de notre Bachelor of Arts in Theatre, avec la plupart de mes collègues de classe, le StilleWasser Kollektiv. En deuxième année, nous avions adoré travailler Antigone avec le metteur en scène Christian Seiler, qui vient de Zürich. Il avait l’idée de reprendre ce spectacle, ce qui nous a donné l’envie de développer ce projet.

Après un mois de création, nous effectuons une chouette tournée, qui a ses deux prochaines et dernières dates de la saison à Zürich les 25 et 26 janvier à l’Aula Rämibühl. Travailler avec ce metteur en scène formidable et très généreux est un vrai moteur. C’est aussi un plaisir et une chance de continuer à travailler avec mes camarades d’étude.

C’est un spectacle assez particulier, une adaptation moderne par Christian, qui fait beaucoup d’allusions à l’actualité, comme des références à Donald Trump ou Poutine, car finalement le rôle de Créon n’en est pas si éloigné. C’était une manière de critiquer le monde actuel, le système politique et l’avidité de pouvoir. Mon rôle revisité d’Eurydice reprend notamment des discours de Melania. J’ai adoré jouer un rôle si hypocrite, avide de richesse et contraire à ma personnalité. J’aime observer et reproduire sur scène également des personnes que je déteste habituellement, et trouver le plaisir de jouer ce genre de rôles qui me font rire dans la vie, et que je voudrais critiquer.

La pièce est très intense, pendant deux heures, nous sommes tous sur scène non-stop et changeons souvent de rôles pour représenter nos rôles respectifs ainsi que le chœur, cette société qui reste passive, sans jamais vraiment s’exprimer et s’opposer au pouvoir, contrairement à Antigone, cette figure qui ose se rebeller et dire non. Le spectacle est très dynamique, physique, interdisciplinaire et multiculturel, principalement en italien, avec aussi un peu de français et autres langues. C’est une expérience collective, où chacun est mis en avant, mais qui valorise avant tout le travail de groupe. C’est une des choses que je préfère au théâtre. Penser au collectif, au groupe et au spectacle avant tout, et non à soi et à son propre rôle.

5/ Plus généralement, quels sont vos autres projets et envies artistiques actuels ?

J’adore tous les styles artistiques, et en plus du théâtre, j’aimerais faire plus de tournages car c’est un art et un type de jeu qui me plaît et que je voudrais continuer à apprendre et développer. Cela me plairait de m’installer à Paris et d’y trouver un agent. Je mène actuellement des démarches dans ce sens.

Je serais heureuse de faire des choses de qualité. Pour défendre des valeurs et des thématiques qui me touchent dans la vie, que j’ai envie de partager, défendre, critiquer, dénoncer, ou encore prendre en dérision. La réalisation m’attire aussi, car j’aime tous les aspects techniques du monde du cinéma.

Voici quelques liens utiles :

Merci Diana pour votre gentillesse et votre disponibilité !

 

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