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Le médias blog de Julian

Emilie Crubezy : actualités, projets, parcours - elle nous dit tout !

24 Octobre 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre, #Télévision

Bonjour Emilie,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes une jeune artiste, avec déjà plusieurs expériences sur scène et à l’écran à votre actif. D’où vous vient cette passion pour l’art ? Qu’est-ce qui vous y plait tant ?

Cette passion m’est venue assez jeune, comme beaucoup d’enfants j’ai découvert le théâtre à l’école. Lors d’un atelier, en primaire, la professeur m’avait donné l’un des premiers rôles, j’étais flattée et j’avais adoré faire cela. J’ai alors continué à pratiquer, sans me projeter dans l’avenir, mais  pour le plaisir.

A la fin du lycée lorsque j’ai dû m’orienter, j’ai décidé de passer le concours du conservatoire de bordeaux en art dramatique  et d’entrer à la fac en « arts du spectacle » à Bordeaux III.

Mon quotidien, aujourd’hui, n’est pas routinier et j’aime ça. Je vis presque chaque jour de nouvelles expériences et surtout je suis dans une perpétuelle recherche pour « affiner » mes projets.

Lorsque je participe à un projet sur les planches ou que je suis devant la caméra, il y a quelque chose qui me traverse, j’ai l’impression de me dépasser, de vivre des instants très forts. Quand je fais de l’art, j’ai la sensation d’être en vie. Cette sensation vient du fait qu’un acteur travaille sur la « présence », il vit pleinement l’instant.

2/ Retrouvez-vous des complémentarités entre les différents exercices artistiques précédemment évoqués ?

Après plusieurs expériences au théâtre, le travail devant une caméra est assez perturbant. En effet on a d’abord l’impression qu’il ne faut rien faire mais on comprend très vite qu’il s’agit comme au théâtre d’être pleinement présent et de se « laisser traverser ».

Pour ma part ce qui différencie un jeu d’acteur au théâtre ou au cinéma c’est son énergie. Le théâtre et le cinéma demandent de l’intensité mais on ne la canalise pas et on ne la fait pas ressortir de la même façon. Au cinéma, tout se voit, même le moindre détail comme un petit sourire en coin. Il faut donc être plus minimaliste. J’adore cette sensation où rien n’échappe à la caméra.

3/ Quel rôle vous a le plus marqué jusqu’à présent ? Pour quelles raisons ?

Spontanément, je pense à ma première expérience de mise en scène. Cela a été un énorme travail de diriger les acteurs, de créer un espace, de penser le rapport au public. Je me suis interrogée sur la manière de diriger les acteurs. Je voulais absolument qu’ils restent eux même et qu’ils se laissent traverser par le texte. 

Je me suis rendu compte que chaque acteur a ses spécificités et que chacun est un panel différent. Il faut apprendre à chercher et à créer ensemble.

Nous n’avons joué ce spectacle malheureusement qu’une seule fois mais, ce jour-là, j’ai été très fière. Voir tout le travail se concrétiser est transcendant et merveilleux.

4/ Juste avant de rentrer sur scène, quels sentiments prédominent en vous ? Comment vous sentez-vous alors ?

Cela dépend vraiment de chaque spectacle. Il m’est arrivé de jouer des pièces peu préparées, où j’avais énormément d’informations, ce qui est assez stressant.

A l’inverse, lorsque la préparation est intense, avec un travail riche, le stress existe bien sûr mais il y a une joie tellement énorme de partager une création. Après parfois un an de labeur, présenter le fruit de son travail, de quelque chose qui vient de l’intérieur représente beaucoup de bonheur. Souvent, il faut même se réfréner pour ne pas tout lâcher d’un coup et rester concentré.

Cette joie est un moteur au moment de rentrer sur scène et ça change tout. Car on est dans l’instant présent.

5/ Face au rythme soutenu d’un plateau de tournage, comment vous préparez-vous ?

Sur un tournage, il se passe tellement de choses, de nombreuses personnes nous parlent. On peut un peu s’éparpiller, parler avec les gens et être sympathique, mais il faut quand même rester un peu sur soi-même.

Par exemple, quand j’ai envie de boire, je ne prends pas simplement un verre d’eau. Je réalise comment je prends mon verre et comment je le touche. C’est très bête mais cela aide à être au présent, dans l’action. Je ne fais rien de matière inutile, pour rester concentrée sur ce que j’ai à jouer. Si je dois interpréter quelque chose de triste, je prends le verre d’une autre manière que pour un rôle joyeux. Ce simple geste me met dans l’intention dans laquelle je dois jouer. Sinon, au moment de l’action, je suis vide et rien ne se passe.

6/ Plus généralement, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ? Quels domaines aimeriez-vous explorer ?

Je travaille avec la compagnie « Les entichés » et nous allons jouer une création qui est en train de se faire : « Le renard envieux qui me ronge le ventre ». Cette création parle de la théorie du genre et de comment un individu se constitue via sa culture et son environnement social.

Je participe à ce projet en tant que comédienne, nous travaillons dessus depuis un an et nous commençons depuis peu la diffusion. C’est ma première expérience dans une compagnie et c’est vraiment chouette. La metteur en scène est incroyable. Elle a écrit le spectacle à partir d’improvisations qu’elle dirigeait. Elle a beaucoup réécrit et elle nous a toujours laissé énormément de liberté.

Jeanne, mon personnage, est une femme qui ne vit qu’à travers son mari et qui n’arrive pas du tout à se détacher de lui, qui va tout faire pour lui plaire. Jusqu’à ce qu’un jour, cet homme la quitte. A ce moment-là, elle est excessivement triste, on la voit sur scène se briser. On peut alors croire qu’elle ne va jamais se relever, mais elle finira par y parvenir et rendre compte à quel point elle était aliénée par cet homme et son système de vie. Elle va se battre pour être libre et devenir une femme indépendante. C’est intéressant de jouer un personnage qui a une telle évolution.

En parallèle, je monte une compagnie, « L’arraché »,  avec des amis/comédiens du sud, où j’ai vécu pendant deux ans. Nous développons une création autours du thème de la folie, en se demandant ce que signifie aujourd’hui dans notre société être « normal ».

J’essaie aussi d’être sur plusieurs tournages. J’adorerais également refaire de la mise en scène, car c’est tellement intéressant. Je n’ai jamais autant appris sur moi-même comédienne qu’en étant metteur en scène. L’acteur évolue énormément au contact de ce dernier. Ce métier permet de se dépasser encore d’une autre manière, car il faut gérer quelque chose d’énorme et des gens. Si cela fonctionne, une force et des sensations incroyables se dégagent, différemment que pour un acteur. Porter un projet en temps que metteur en scène ou en comédien n’est pas la même chose, l’engagement est différent. 

7/ Pour finir, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours ?

De continuer à faire des projets dans lesquels je crois autant. Pour être heureuse, il est important de défendre des choses qui me tiennent à cœur. Etre intègre en tant qu’artiste, c’est le mieux, pour se sentir à sa place et donc vivant.

Ce fut un plaisir, Emilie, d’effectuer cette interview en votre compagnie !

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