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Le médias blog de Julian

Pierre Deny : parcours, coulisses, actualités, projets - il nous raconte tout !

28 Août 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision, #Théâtre

Pierre Deny : parcours, coulisses, actualités, projets - il nous raconte tout !

Bonjour Pierre,

Quel plaisir d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

1/ Vous êtes un artiste aux multiples casquettes et multiples talents. Votre longue et belle carrière vous a mené en télévision, au cinéma mais aussi sur les planches. Que retenez-vous principalement de votre parcours jusqu’à présent ?

Vaste question ! Je retiens d’abord que j’arrive à travailler et à vivre de mon métier depuis 1978. C’est ma plus grande fierté. Pendant ces presque 40 ans, en effet, il y a eu un peu de tout : de l’image, du théâtre, mais aussi de la radio, de la synchro, de la publicité. Puisque notre métier est fait de plein de petits métiers.

Mais ce que je retiendrais surtout, ce sont les pièces de théâtre que j’ai jouées. J’ai dû participer à 33 ou 34 œuvres et chacune d’entre elles m’a pris plusieurs mois. Beaucoup de mon temps, de mon implication et de mon investissement y ont été consacrés. Je m’en souviens et cela me laisse des traces plus profondes que des tournages. Même si j’ai eu des rôles principaux pendant plusieurs semaines sur les plateaux, l’investissement d’un acteur au théâtre est, la plupart du temps, supérieur.

Pour autant, malgré cette expérience, l’inquiétude et le stress subsistent au moment de démarrer une nouvelle aventure. C’est un peu normal et en même temps salutaire. Je serais inquiet si je ne ressentais aucun stress. En fait, c’est aussi ce qui nous fait avancer, à condition que ce stress nous porte plutôt que nous détruise. Je suis à chaque fois raisonnablement inquiet, préoccupé, confiant puis de plus en plus confiant, optimiste puis de plus en plus optimiste, positif puis de plus en plus positif. Et, finalement, cela se passe toujours très bien.

Mais parfois, en répétition, on traverse des périodes de doute, de déprime, de stress, d’inquiétude sur comment le public va recevoir la pièce, sur comment on va s’en sortir, sur comment on va trouver sa place et sur son parcours dans tel ou tel personnage. Parfois, comme il s’agit d’humains, il y a des problèmes d’entente et de camaraderie. Dès fois, on est très bien avec un comédien sur scène, mais il ne pourrait par exemple jamais devenir un ami dans la vie. Il faut faire avec pour essayer de monter ce petit puzzle, de manière à ce que la pièce prenne vie et qu’elle rende les spectateurs heureux.

2/ Retrouvez-vous des complémentarités entre les différents exercices artistiques précédemment évoqués ?

Oui et non. On m’a proposé une variété de rôles beaucoup plus étendue au théâtre qu’à la télévision. Parce que sans doute qu’au théâtre, on a le temps de modeler un personnage un peu plus loin de ce que l’on représente au départ. Et de travailler des rôles peut-être plus en profondeur.

A la télévision et au cinéma, on est un peu dans le royaume de l’instantané. Par manque de temps, d’argent ou parfois d’imagination, les réalisateurs et les producteurs vous attribuent des rôles qui correspondent d’une manière immédiate à ce que vous dégagez dans la vie.

Donc, comme je peux supposer que je dégage une image relativement saine et positive, d’un quinquagénaire en bonne santé, on m’a fait jouer, au cinéma et à la télévision, une foule de médecins, d’avocats, de notaires, de professeurs, de juges d’instruction, de gendarmes, de policiers, de préfets de police, … Tous ces gens représentant une certaine autorité, avec quand même un côté sympathique et jovial. Que je dois sans doute représenter au départ.

Je ne m’insurge pas contre cela, c’est très bien mais, au théâtre, on peut demander aux acteurs de jouer des choses plus loin d’eux, d’aller chercher des émotions et des sensations qui leur sont plus étrangères, d’aller trifouiller dans des parties plus intimes. Les cinq à huit semaines de répétition permettent tout cela.

A la télévision, quand on est un acteur de ma catégorie, qui doit encore faire des castings, des essais, rencontrer des metteurs en scène, on va souvent au plus rapide.

3/ Les rythmes sur les plateaux de tournage sont généralement très soutenus. Aussi, quelle est votre méthodologie de travail en amont, pour ensuite être efficace face au réalisateur ?

J’ai une petite qualité, si j’ose dire, à savoir que j’ai une excellente mémoire depuis toujours. Donc l’apprentissage des textes, de théâtre ou de tournage, ne m’a jamais posé problème. J’ai une mémoire assez rapide et assez immédiate.

Après, en ce qui concerne la densité du rôle et la manière de l’aborder, je m’y prépare en observant les gens, je m’y prépare dans le métro, je m’y prépare en regardant mes semblables à une terrasse de café, je m’y prépare en piquant une petite manie, un tic à quelqu’un, une démarche à quelqu’un d’autre. Et en me nourrissant tous les jours du scénario et du rôle.

Evidemment que ce travail est passionnant, mais il l’est d’autant plus que le rôle demande un investissement et requiert d’aller chercher des choses assez lointaines.

4/ Au théâtre, comment vous sentez-vous juste avant de rentrer sur scène ? Quels sentiments prédominent en vous à ce moment-là ?

Pour le coup, avec un peu d’expérience grâce à mes quarante années de pratique, une excitation et un stress mais très très maitrisés bien sûr. Mais surtout un bonheur absolu. Etre derrière un rideau quand un théâtre est plein - même s’il ne l’est pas d’ailleurs, entendre l’annonce de bienvenu au public, sentir que trois minutes après tout commence, c’est une sensation inégalable et formidable.

Une espèce d’engloutissement intérieur, une énergie qui va et qui vient, de l’inquiétude, du stress mais en même temps du bonheur absolu, de l’exaltation. Mais, quoi qu’il arrive, se dire que, dans quelques secondes, le rideau va s’ouvrir et que le public est à moi.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

Je vais commencer une tournée fin septembre, jusqu’à mi-février, avec Sylvie Vartan et Isabelle Mergault. Pour la pièce « Ne me regardez pas comme ça », que nous avons jouée au théâtre des Variétés la saison écoulée.

Dans l’immédiat, je vais tourner quelques jours dans une minisérie pour TF1 qui s’appelle « La mante ». Avec Carole Bouquet et Fred Testot. Pour l’année prochaine, même si cela est encore un peu en suspens pour le moment, nous avons une pièce sous le coude, avec son auteur, Marc Quentin, « Présence d’esprit ». Une œuvre à trois personnages, avec Catherine Marchal, Elizabeth Bourgine et moi-même, que nous avons toutes les chances de monter sur Paris.

En ce qui concerne mes rêves d'acteur, comme beaucoup de mes camarades, je pense, l'âge aidant, aux beaux rôles du répertoire, de Molière, Shakespeare ou Edmond Rostand..!

Il me plairait également d’interpréter, en télévision, des personnages un peu plus compliqués. Sur la centaine de tournages faite depuis 40 ans, j’ai dû jouer seulement 2 à 3 contre-emplois. Je rêverais d’en faire plus, de représenter des gens plus troubles.

Merci Pierre pour votre gentillesse et votre disponibilité !

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