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Le médias blog de Julian

Erik Chantry nous dévoile son actualité et ses envies artistiques !

20 Mars 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision, #Théâtre

Erik Chantry nous dévoile son actualité et ses envies artistiques !

Bonjour Erik,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour le blog.

1/ Vous participez, lundi 28 mars prochain, à une lecture, au théâtre Darius Milhaud, de la pièce « Tri sélectif ». Quelles sont les thématiques de l’œuvre ? Quelle histoire y est racontée ?

C’est une histoire de consumérisme. A partir d’une affaire sur les déchets en région napolitaine, tout un rapprochement est fait avec l’idée de se débarrasser des gens, comme on peut en faire de même pour les ordures ménagères.

En y ajoutant un certain sentiment d’inutilité où, à un moment donné, la société n’aurait plus besoin des gens. Ceux sans grande utilité ou valeur pourraient être débarrassés, peut-être même en les jetant n’importe où.

Je pense que l’auteur, même si je m’avance sans doute un peu, a une opinion sur la façon dont on se sépare à ciel ouvert de ce que l’on ne veut plus. Accentuant ainsi la pollution de la planète.

2/ Quelles suites aimeriez-vous donner à cette lecture ?

Il est important de savoir que, dans la démarche du groupe « Des mots et des actes », il n’y a pas forcément, d’entrée de jeu, l’idée d’en faire quelque chose derrière. Tout dépend de l’auteur lui-même.

Pour avoir fait pas mal de lectures, certains ont affiché dès le départ une volonté éventuelle, si le public accroche, de développer le projet. Mais ce n’est pas du tout le but avoué, ce n’est même pas la vocation de l’association. Celle-ci vise avant tout à faire découvrir une œuvre, si possible de quelqu’un qui n’a pas beaucoup écrit. Puis de partager autours de ce récit, au travers du débat qui s’engage avec les gens, sur un sujet d’actualité en lien avec des problématiques notamment de racisme ou de tolérance.

C’est donc un texte, mais aussi un prétexte à réfléchir et à partager ensemble un bon moment. Parmi le public, l’on retrouve des gens qui viennent sans trop connaitre le contenu, pour le simple plaisir d’écouter une œuvre et de donner leur ressenti.

3/ En parallèle, de façon plus globale, quels sont vos autres projets et envies artistiques actuels ?

Je suis en tournée, depuis plusieurs années, avec la pièce « Festen », qui est l’adaptation du film de Vinterberg. Au-delà de cela, de part ma formation avant tout théâtrale, j’ai très envie de m’y remettre plus intensément.

J’ai notamment le souhait de travailler sur une pièce à deux personnages, avec une comédienne connue, dont je n’ai pas le droit, pour le moment, de vous citer le nom. J’aimerais jouer une œuvre en huit-clos, où les gens seraient embringués dans une histoire au travers de laquelle ils pourraient se reconnaitre. Il s’agira évidemment d’une histoire d’amour.

En parallèle, je tourne prochainement dans le film d’Audrey Dana qui va s’appeler « Si j’étais un homme ». Où je vais incarner un ouvrier, qui va, alors qu’il ne s’y attend pas et sans le vouloir au départ, se retrouver à réfléchir au discours qu’il peut avoir sur les femmes. Et notamment sur la rancœur que ses quelques copains ouvriers ressentent dû au fait qu’ils ont chacun eu des expériences malheureuses en couple. En l’occurrence, celui que je vais jouer s’est fait larguer, s’est retrouvé la tête sous l’eau du jour au lendemain, avec, qui plus est, l’obligation de payer une pension. Une tierce personne va alors tenir la dragée haute à tous ces hommes qui peuvent, à un moment donné, avoir des discours stéréotypés.

4/ Vous êtes un artiste aux multiples casquettes, au regard de vos expériences au cinéma, en télévision ou bien encore au théâtre. Quel regard portez-vous sur votre parcours jusqu’à ce jour ?

Je retiens que j’ai réussi à faire des choix très différents. Je ne me suis pas cantonné à un genre et j’ai le sentiment d’avoir une certaine liberté. De ne pas aller dans des projets pour lesquels je n’ai pas envie de défendre quelque chose.

Si je me retourne sur mon parcours, j’ai eu, à chaque fois, l’impression de vouloir soutenir une thématique. D’avoir une conviction à travers cela, en me disant qu’il s’y raconte quelque chose et que j’ai l’envie d’en faire partie.

Même dans l’horreur, avec « Festen », où j’y interprète, disons le mot, un odieux personnage qui a abusé sexuellement de ses enfants. Je me dis que tout personnage ou tout être doit être défendu. C’est le point de vue de l’avocat dans sa mission première. Pour réfléchir sur l’être humain. Qui est-on pour se permettre de jeter la pierre sur telle ou telle personne ? C’est ce que j’aime au théâtre. Arriver avec mes propres idées, et ressortir de la salle avec quelques interrogations sur mes opinions.

5/ Pour finir, que dire aux lecteurs pour les encourager à continuer de s’intéresser à l’art, quelle qu’en soit la forme choisie ?

L’art est dans la rue, il est partout. Aujourd’hui, nous avons la chance, dans notre pays, d’avoir accès à toute forme d’art. Typiquement, on parle actuellement beaucoup du « street-art ».

Je vis à Vitry-sur-Seine, une ville où ce dernier a pris possession de la rue. Lorsque l’on s’y promène, on s’aperçoit que l’art est omniprésent.

S’intéresser à l’art, c’est s’intéresser à l’autre et aux autres. Je crois vraiment qu’aujourd’hui, avec le repli frileux que l’on nous impose, en nous incitant à rester chez nous, l’art permet de faire un pied de nez à tout cela.

Les artistes sont des passeurs, d’histoires et d’émotions. Ils sont une main tendue et, si on ne la prend pas, l’on est seul.

Ce fut un plaisir, Erik, de nous entretenir avec vous !

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