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Le médias blog de Julian

Mi Kwan Lock, actrice de talent, évoque son actualité sur le grand écran !

21 Février 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision

Crédit photo : Barbara Maud
Crédit photo : Barbara Maud

Bonjour Mi Kwan,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour notre blog.

1/ Vous tenez actuellement le rôle principal du long-métrage « A korean in Paris », de Jeon Soo-II. Quelle en est la thématique ? Quelle histoire y est racontée ?

C’est l’histoire d’un couple coréen qui, deux ans avant le démarrage de l’intrigue, est venu en voyage de noces à Paris. Mais un jour la femme disparaît.

Au début du film, son mari Sang-Ho continue de la chercher, mais est devenu SDF et dort sous un pont. Les spectateurs suivent ainsi son parcours et sa quête, accompagné d’une pancarte pour se faire mieux comprendre. Il pense que sa compagne a peut-être été kidnappée voire forcée à la prostitution. Aussi, il va notamment la chercher dans ce milieu.

Il y rencontre alors mon personnage, Chang, une coréenne adoptée par des français.

2/ Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

On découvre au fur et à mesure du film qu’elle a une relation très particulière avec son père adoptif. Nous permettant progressivement de mieux comprendre pourquoi elle est devenue prostituée.

J’ai essayé d’apporter à ce personnage le maximum d’humanité, ne voulant pas tomber dans le cliché.

Sans tout dévoiler de l’intrigue, il va y avoir une relation amicale entre Chang et le mari recherchant sa femme. Pour en savoir davantage, je vous invite à aller voir le film.

3/ Nous l’avons dit, vous y interprétez une prostituée. Comment êtes-vous parvenue, artistiquement parlant, à rendre crédible votre personnage ?

Pour construire mon personnage, je l’ai travaillé à partir de son passé, son enfance, son adolescence et sa vie de jeune femme. Notamment sa relation incestueuse avec son père adoptif.

Seulement ensuite j’ai trouvé la raison pour laquelle Chang est devenue une prostituée. Même si ce n’est pas raconté dans le scénario, son passé est, pour moi, à l’origine de son orientation sociétale.

Dans le film, on découvre deux faces totalement différentes de mon personnage. Entre le clinique avec un client. Et le rapport beaucoup plus humain avec le héros masculin.

4/ Ce film a été en compétition au festival de Palm Springs 2016 et vient de sortir en Corée du Sud où son succès a été immédiat. J’imagine que cela représente une grande fierté pour vous ?

L’accueil, les critiques et les retombées ont été très bonnes lors de ce festival. A l’issue de sa sortie en Corée du Sud le 28 janvier dernier, l’œuvre a eu le meilleur box-office des films indépendants le premier week-end. Nous en sommes très contents ! Le public répond présent dans les 24 salles de diffusion, ce qui nous ravit.

Pour ce qui est de la France, une projection a été faite lors des rencontres cinématographiques de Manosque le 5 février. Là aussi, les retours du public ont été très bons. Cette mise en avant du film s’inscrit aussi sur le thème de la coproduction France - Corée, pendant l’année de la Corée dans notre pays.

Ce film est indéniablement pour moi une belle carte de visite. Nous espérons à présent trouver un distributeur dans l’hexagone.

5/ En parallèle, nous pouvons aussi vous retrouver dans le film franco-ivoirien, « Esclave et courtisane » de Christian Lara. Pouvez-vous nous raconter cette belle aventure ?

Il s’agit, là aussi, d’un personnage pas facile. Lily est en quête de rédemption. En fait, quatre personnes se retrouvent dans une pension perdue au milieu de nulle part. Le gérant, une cinquantaine d’années, traine des pieds et qui n’a plus vraiment l’envie de continuer à développer son activité mais se résout à le faire car c’est là son gagne pain.

Un homme noir, d’environ 70 ans, aux aguets et qui épit à chaque bruit. Il a un comportement assez étrange. En même temps, une évasion de prison de l’ennemi public numéro un est annoncée à la radio. Tout laisse à supposer que cet homme, au comportement très suspect, serait cet évadé.

Mon personnage, Lily, est une prostituée de luxe. Elle se réfugie dans cette pension, après être tombée enceinte d’un homme qu’elle pense aimer. Mais, par rapport à son métier, cela devient compliqué. Elle cherche donc à se retrouver pour prendre une décision.

Et enfin, une jeune femme d’une vingtaine d’années, qui va tout chambouler dans la pension. A l’opposé des autres, elle va ouvrir les fenêtres pour faire entrer la lumière. C'est une petite tornade blanche qui n’arrête pas de parler. Elle va découvrir un roman dans un grenier écrit par une ancienne esclave ayant habité dans cette pension qui, à l’époque, était une maison close. Expliquant ainsi le titre du film.

Peu intéressée, cette jeune femme va me passer l’œuvre et je vais me faire en quelque sorte la narratrice et la liseuse de ce roman. On découvre alors la vie qu’a eue cette ancienne esclave, ouvrant un parallèle avec celle de Lily.

La partie contemporaine du film est tournée en noir et blanc. A l’inverse, les instants du passé sont filmés en couleur. A l’opposé de l’attendu.

Cette coproduction franco ivoirienne a été en compétition, en février, au Pan African Film Festival de Los Angeles, où l’accueil fut très bon. Elle va continuer sa course avec, en avril, une participation à deux autres festivals, l’un à New-York, l’autre à Singapour.

Là aussi, nous recherchons actuellement un distributeur pour la France.

6/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

C’est vraiment sur scène ou sur un plateau que je suis la plus épanouie, donc qu'une envie, celle de jouer !

J’ai quelques propositions de projets, et je suis dans l’attente de leur mise en place. Je reste aussi à l’écoute de toute autre opportunité et l'envie de défendre tel ou tel personnage est avant tout pour moi primordiale dans mes choix de projets.

7/ Pour finir, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs de cet entretien pour les inciter, si ce n’est pas déjà fait, à vous retrouver dans les œuvres évoquées ?

Vous trouverez, dans ces deux longs-métrages, de très bonnes surprises. Les personnages sont vraiment puissants et ne laissent pas indifférents.

Ces deux œuvres ouvrent à la réflexion. Ils remettent en question notamment certaines valeurs humaines. J’espère que vous serez présents !

Ce fut une joie d’effectuer cet entretien en votre compagnie, Mi Kwan Lock.

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