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Le médias blog de Julian

Mathieu Milella, comédien de talent, nous dévoile son actualité et ses projets !

28 Février 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Bonjour Mathieu,

Quelle joie d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

1/ Vous possédez plusieurs cordes à votre arc artistique. Citons notamment la télévision, le cinéma, les courts-métrages et les spectacles vivants. D’où vous vient cette passion pour ce beau métier ?

Dans une première vie, j’étais kiné, c'est un métier qui me plait beaucoup mais je n'arrivais pas pour autant à m'épanouir, je continuais à chercher ma voie. Au bout de quelques années, je suis parti en voyage humanitaire au Bangladesh où j’ai dû faire face à la barrière de la langue mais une idée revenait tout le temps pendant ce voyage : tous me disaient que leur rêve aurait été de devenir européens. Car, dans ce continent, on peut y faire ce que l’on veut.

J’ai eu besoin d’un petit moment avant d’intégrer cette idée mais la difficulté de communiquer que j’évoquais précédemment m’a laissé du temps pour y réfléchir. Et progressivement j’ai pris conscience de la pertinence de la remarque. Il est vrai que, chez nous, même quelqu’un en difficulté financière mais qui aime peindre peut s’acheter un pinceau par exemple. Presque tout est accessible.

Je me suis alors interrogé sur ce que j’aimerais faire si j’en avais la liberté totale, j'ai qui pris le temps de chercher qui je voudrais être si je pouvais choisir. Je me suis immédiatement vu sur un plateau de cinéma. L’idée m’a tellement plu qu'elle est devenue une évidence et, à partir de ce moment-là, ma vie a changé. Dès mon retour en France, j’ai commencé le théâtre, en adaptant mes horaires de kiné, trois jours au cabinet et quatre jours au théâtre. Presque deux ans plus tard, j'ai pris la décision de me consacrer pleinement à mon nouveau métier.

2/ Qu’est-ce qui vous plait tant dans ces différents exercices ?

D'abord le plaisir de jouer et toutes les possibilités d’expression qui y sont associées. Ce changement de vie a été une libération. J’ai pu découvrir les différentes facettes de l’art, au travers de l’audiovisuel, de la scène et de la danse. Chacun le faisant à sa façon et selon sa propre manière.

L’art permet de s’ouvrir au monde, mais aussi d’ouvrir son esprit. Les grandes remises en question des idées de la société ont toujours eu un parallèle avec l’artistique. Ce domaine aide aussi à s’ouvrir à soi, se demandant qui on est vraiment et qu’est-ce que l’on a envie de partager de soi. Dans mon parcours, l'art a toujours été un moteur de développement personnel.

3/ Retrouvez-vous une certaine complémentarité ou, à l’inverse, des différences notoires au travers de ces différents exercices ?

Au cinéma, il y a deux parties. D’un côté le casting, un exercice délicat mais très intéressant, imposant de jouer des choses sans être pleinement dans l’univers, il faut imaginer la plupart du temps le décor, les partenaires et s'approprier la situation pour en faire une expression personnelle. Mais le casting est aussi et surtout une rencontre avec un nouveau personnage à jouer, avec un directeur de casting et ensuite avec un réalisateur.

Le tournage est lui bien différent car le comédien y est dirigé. Tout le monde est à sa place, dans un but commun. Au son, à l’image, aux lumières, à la réalisation, à la régie et au jeu, chacun a un rôle défini pour permettre la réalisation d’un film qui touchera le plus les gens, en étant fait avec le plus de cœur possible. Cette envie est vraiment présente en France, ce qui est génial et extraordinaire. L’émulation et l’énergie qui en découlent sont très motivantes. Toute une équipe qui travaille dans un but commun, créer une oeuvre audiovisuelle, quand on y trouve sa place, c'est un vrai kif !

Au théâtre, c’est encore une autre organisation. Au moment où l’on joue, sur scène, l’échange se fait directement avec le public. Le travail avec l'équipe se fait beaucoup plus en amont, lors de la création et de la préparation.

D’ailleurs, le texte, certains soirs, peut prendre des directions insoupçonnées au départ. D’autres fois, les spectateurs partent eux aussi dans une direction inespérée. Cette espèce de rencontre géante avec les gens et ces instants de partage sont des moments géniaux. On devient vite accro à cette adrénaline.

Enfin, la danse permet d’accentuer l’expression et de "lâcher les chevaux", pour tout donner. La complementarité entre le texte et l'expression corporelle est quelque chose qui me touche beaucoup.

4/ Quels sont vos projets et vos envies artistiques actuels ?

Je continue à écrire mais je vois les choses à long termes. Les projets de créations ne sont pas faciles à mener, ils demandent beaucoup de patience et de détermination. Bien sur, la notoriété et l’expérience aident à limiter les difficultés que l'on peut rencontrer. Alors je sais que certains des travaux que j'écris aujourd'hui ne verront le jour que dans quelques années. Il y en a même certains que je garde specialement pour le jour ou ma notoriété me permettra de faire les choses en grand.

Aujourd'hui, la thématique qui m'inspire s’oriente autour de l'humain et du développement personnel. Ces thèmes reviennent en particulier dans ce que j'écris. C'est un domaine qui me tient à cœur, même s’il n’est pas encore beaucoup visible dans ma carrière. J’ai précédemment rédigé une adaptation de Cyrano ainsi qu’un court-métrage.

Cette année, j’ai très envie de concrétiser aussi certains projets audiovisuels. Ou tout du moins de les faire avancer. Sur les humains, sur l’amitié. J’aime bien cette phrase : il y a ce que l’on est, il y a ce que l’on croit être et ce que l’on a envie d’être. Le fossé entre ces différents états est assez génial à transcrire, notamment au cinéma. J’ai aussi un objectif d’un format de longue durée.

Ajoutons que j’ai tourné dans le long-métrage « Wax », réalisé par le brillant italien Lorenzo Corvino, avec une actrice actuellement en train de devenir une grande star, Gwendoline Gourvenec. Ce fut une aventure humaine extraordinaire, intense, avec de très belles scènes à jouer grâce notamment à la liberté accordée par le réalisateur. De ce film se dégage un vrai style, entre colère et humour. Avec, en fond, cette envie de dire quelque chose et de se regarder soi-même. La sortie en Italie est prévue dans un mois et j’aimerais beaucoup qu’il en soit de même bientôt en France.

5/ Pour finir, que souhaiteriez-vous dire aux lecteurs du blog pour les encourager à continuer de s’intéresser à l’exercice artistique ?

Nous vivons dans une société où nous sommes de plus en plus formatés. Nous sommes à un moment charnière, avec cette extraordinaire liberté permise par Internet pour notamment communiquer et s’informer.

Les pensées et la culture s’uniformisent ainsi dans des pays où cela était bien différent jusqu’à présent. L’art a ce côté magique de mettre en perspective des histoires vécues et des moments de vie, de permettre une ouverture aux autres.

L’art amène du plaisir mais il ne faut se forcer à s’y intéresser. L’envie doit venir d’elle-même.

Les technologies actuelles rendent l’art disponible. Aussi, je pense qu’il serait très dommage de se contenter de regarder ce que l’on nous oblige à voir, sans aller chercher au-delà. L’art est le premier pas vers cela.

Merci Mathieu d’avoir répondu à nos questions !

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