Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le médias blog de Julian

Lace Hoffmann évoque pour nous ses projets artistiques et sa passion de son métier !

17 Janvier 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision, #Théâtre

Crédit photo: Rameen Eggspulher
Crédit photo: Rameen Eggspulher

Bonjour Lace,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoigne votre parcours. Au travers notamment du théâtre, de la télévision, de la publicité, du cinéma mais aussi de la présentation et de la réalisation. D’où vous vient cette passion ?

Ma passion première est le jeu, même si mon parcours n’a pas été linéaire. J’ai d’abord intégré une école de commerce pour aboutir à un Master. J'ai fait du théâtre pour la première fois à 8 ans. On avait le choix de notre rôle, j'ai choisi de jouer une patronne de restaurant! En école de commerce, j'adorais les cours de mise en situation et les jeux de rôles. Les commerciaux doivent savoir jouer la comédie

Etre sur les planches n’était, pour moi, pas du travail, c’était surtout un plaisir. Mais je ne me rendais pas compte alors que je pouvais faire cela au niveau professionnel. Avant d’avoir un déclic. Maintenant je peux le dire, ce métier est un travail de tous les jours.

Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ?

J’aime m’y amuser, ce qui est très important, et aussi m’évader. Je me lasse très vite, aussi mon métier me permet facilement de passer d’une casquette à une autre, et j’aime toucher à tout. Chaque jour est différent.

Je réalise parce que j’ai l’envie de raconter une histoire. Pour transmettre quelque chose, évoquer une sensation ou un moment de vie. Faire partager cela est important pour moi. Lorsque j’ai réalisé un petit court-métrage, l’année dernière, dans le cadre du Nikon Festival, j’ai eu la chance d’avoir de bons retours, très positifs, des émotions que j’ai voulues y transmettre.

Avoir réussi, en deux minutes, à partager avec les gens et à leur faire comprendre mon message est très encourageant. Pourquoi ne pas d’ailleurs développer ce projet en allant plus loin dans la réflexion.

J’ai également été, en télévision, chroniqueuse mode, l’une de mes passions. La concilier avec le travail face à la caméra fut extrêmement important pour moi et a été très formateur. Cet exercice permet de travailler à la fois sa posture ainsi que l’interactivité avec les invités. Dans un cadre et un contexte bien différents de celui des plateaux de tournage en comédie. Les deux sont passionnants.

Le côté informatif que permet la télévision m’a beaucoup plu pendant mes deux années de pratique. J’aimerais d’ailleurs, si l’occasion se présente, pouvoir renouveler l’expérience.

2/ Quelles complémentarités retrouvez-vous entre ces différents exercices ?

La transmission, le fait de donner du plaisir et des envies en sont. J’aime beaucoup le travail approfondi de mes personnages en amont. En imaginant leur vie passée, leur façon de voir l’avenir ainsi que leurs relations familiales et amicales notamment.

Sur un plateau de télévision, j’apprécie pouvoir travailler le parcours de l’invité. Pour réussir, en cinq minutes, à créer un échange pour que quelque chose se passe à l’écran.

Que ce soit en télévision ou pour les tournages, ce qui est vécu sur les plateaux se ressent souvent différemment à l’écran. Au travers du montage ou du choix des plans ou des scènes notamment. C’est pourquoi j’ai toujours une hâte particulière de découvrir le rendu final.

3/ Les rythmes sur les plateaux de tournage sont généralement très soutenus. Comment faire alors pour être prêt face au réalisateur ?

Pour commencer, il est nécessaire d’apprendre son texte sur le bout des doigts. Afin ensuite de pouvoir le sortir sans difficulté. Pour y parvenir, je le répète dans n’importe quelle situation, en faisant les courses par exemple ou bien encore sous ma douche.

Petit-à-petit, on s’aperçoit que le texte va nous venir comme si l’on fredonnait une chanson. Même si l’on n’a pas forcément l’envie particulière de le dire, il arrive de lui-même car on l’a dans la tête. Il faut donc pouvoir apprendre le texte mais aussi le digérer. Afin de faire ensuite ce que l’on veut avec.

Le cinéma, contrairement à la série télé qui demande des exigences de timing plus que serré, me permet plus facilement de travailler et de développer mon personnage. En fonction soit de ma propre expérience, sinon du fruit de mon imagination. La simple lecture du texte permet rapidement de m’en faire une première idée plutôt précise. En termes de démarche, de gestes, de langage et d’intonation principalement. Le travail ultérieur avec le réalisateur permet d’affiner ces différents points.

J’ai d’ailleurs eu la chance de travailler avec Jean-Pierre Larcher, en tant que réalisateur, pour un court-métrage qui sera diffusé sur France 2 d’ici quelques semaines. Il est aussi un grand photographe et est donc très visuel. Nous avons fait un énorme travail sur les costumes, le maquillage, la coiffure et les accessoires. Aussi, je me suis facilement imprégnée de mon personnage. La démarche et l’esthétisme du rôle ont également été des axes forts.

L’occasion s’est aussi présentée de voir le réalisateur Christophe Barratier en plein travail. C’est un réalisateur exceptionnel, il a une douceur qui met directement en confiance. Il laisse une belle liberté à ses comédiens, sans pour autant hésiter à leurs dire où il veut aller et comment il souhaite y parvenir.

4/ Concernant la réalisation évoquée précédemment, quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

Ca peut n’être que des sensations, que je n’arrive pas à expliquer avec des mots mais qui pourraient être comprises via les images. Elles ne sont pas palpables mais ont souvent été vécues.

Je n’ai pas forcément envie de parler d’une situation bien précise, typiquement les aléas d’une vie de couple. Je m’oriente plutôt vers ce que chacun peut ressentir sans réellement l’évoquer. Par exemple les pensées intimes.

Typiquement, dans « Je suis un manque », une fille y comble un manque affectif par de la nourriture. Ce qui est difficilement explicable. Les sous-entendus et les sensations profondes mises en avant, sans être explicites, visent à y transmettre cette idée.

J’aime bien ressortir d’un film avec une forte émotion, quelle qu’elle soit. Ce que j’ai pu connaitre à l’issue du film argentin « Dans ses yeux », de Juan José Campanella, où j’ai été bouleversée. Au travers de ce qu’a pu ressentir le personnage.

5/ Comment vous sentez-vous d’ailleurs juste avant de monter sur scène, quelques instants avant l’ouverture du rideau. Ravie de retrouver le public pour une nouvelle représentation? Ou anxieuse d’une nouvelle date ?

Tout dépend en fait de ce que j’ai pu vivre dans la journée. Je peux être excitée et impatiente, ou à l’inverse extrêmement stressée. Les sensations diffèrent donc systématiquement. Je n’ai jamais le même stress ou la même excitation.

Mais une fois arrivée sur scène, en pleine lumière, tout s’oublie, même si je me sers inconsciemment de ce que j’ai vécu. L’énergie fournie est d’ailleurs identique quelque soit l’affluence dans la salle.

A l’issue du spectacle arrive toujours le même ressenti, celui de me dire que j’ai vraiment de la chance de faire ce que j’aime. Recevoir autant d’énergie du public fait un bien fou. J’y pense dès le matin, en me levant, impatiente déjà de retrouver les spectateurs.

6/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

J’ai fait jusqu’à présent beaucoup de théâtre. Mais j’ai l’envie de retrouver davantage le travail avec la caméra, dans le cinéma notamment. J’adore les deux exercices et passer de l’un à l’autre ne me fait pas peur.

Je souhaiterais aborder de nouveaux personnages, non encore travaillés jusqu’à présent. Par le passé, j’ai eu la chance de jouer une infirmière folle, une journaliste, une grande enfant perdue, une femme amoureuse et une extraterrestre mangeuse d’homme. A présent, l’action me tente, au travers pourquoi pas d’un flic ou d’une guerrière.

Tout en reprenant, comme je vous le disais, des chroniques sur le petit écran. Un projet est d’ailleurs en cours, qui mélange cinéma et plateau de télévision.

7/ Pour finir, qu’avez-vous envie de dire aux lecteurs de cet entretien pour les inciter à continuer de s’intéresser à l’art ?

Je vous incite déjà à continuer de lire ce blog. Car il permet aux personnes interrogées de parler de leur travail, de ce qu’elles aiment et d’évoquer l’art en général.

Aussi, je vous encourage à sortir des sentiers battus. Allez voir ces choses que vous n’iriez pas voir d’habitude. Testez des nouveautés. De nombreuses petites pièces méconnues se jouent à Paris et sont bien souvent des pépites. En plus, les prix sont souvent attractifs, à moins de dix euros. Les thèmes abordés sont, en plus, très vastes. Du classique, de l’absurde ou du boulevard.

Allez voir tous ces films d’auteurs qui ne sont pas connus, notamment français, qui sortent dans de petites salles mais qui méritent vraiment d’être mis en avant.

Merci Lace pour cet agréable échange !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article