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Le médias blog de Julian

La comédienne Macha Orlova nous dévoile son actualité et ses projets artistiques !

18 Octobre 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision, #Théâtre

La comédienne Macha Orlova nous dévoile son actualité et ses projets artistiques !

Bonjour Macha,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Vous êtes actuellement en tournée et serez prochainement au théâtre parisien du Gymnase pour la pièce « Ici les aubes sont plus douces ». Pour commencer, quel est le contenu ? Quelle histoire y est racontée ?

Cette pièce met en avant les femmes russes à la guerre, dans les années 40-45. J’y interprète le rôle de Kirianova, sergent-chef militaire.

L’histoire se base en fait sur le parcours d’une journaliste russe, à travers tout son pays, à la recherche de femmes ayant fait la guerre, non pas en tant qu’épouses, mais directement en militaires. Un million de femmes se sont engagées en Russie mais n’ont jamais été réellement mises en avant, parce que la guerre est bien souvent décryptée et racontée par le prisme des hommes.

Le livre « La guerre n’a pas un visage de femme » met, à l’inverse, en avant la guerre vue par les femmes. Près de cinq cents d’entre elles ont été interviewées pour raconter ce qu’elles ont vécu. Toutes n’ont pas parlé spontanément. Ce n’est qu’après plusieurs après-midi passés avec la journaliste à échanger en buvant du thé qu’elles se sont ouvertes et racontées.

On y apprend notamment que beaucoup d’entre elles souffraient de ne plus pouvoir entendre les oiseaux ni les animaux pendant cette période. Les difficultés physiques rencontrées, l’absence d’habits et de chaussures à leur taille sont autant d’éléments retranscrits.

La pièce de théâtre est en fait l’adaptation mélangée de ce livre d’interviews ainsi que du roman du même nom, paru en Russie, dont deux transcriptions cinématographiques ont été réalisées avec succès. La première dans les années 60, l’autre très récemment.

2/ Cette pièce met, nous l’avons dit, en avant un thème historique. Cela implique-t-il, artistiquement parlant, une adaptation particulière comparativement à une pièce contemporaine ?

Oui, de part les textes, les accessoires et les vêtements.

Mais les metteuses en scène n’ont pas voulu marqué une époque ni un pays car elles souhaitaient rendre cette histoire intemporelle et universelle.

3/ Ce classique de la littérature russe a été adapté plusieurs fois au cinéma et au théâtre, mais il s’agit d’une première en France. A ce titre, les metteurs et vous-même avez-vous cherché à vous inspirées de ces autres interprétations ? Ou, au contraire, avez-vous préférer garder une certaine fraîcheur sur l’œuvre ?

Les metteuses en scène ont pu voir à plusieurs reprises le film en version originale, qui n’a d’ailleurs pas été traduit. J’en ai fait de même car je parle le russe.

Nous avons tous beaucoup lu de textes et œuvres sur cette période, en plus de ceux ayant servi de modèle à l’adaptation théâtrale. Nous nous sommes beaucoup inspirés d’écrits et de films de cette époque-là sur la guerre.

4/ De façon plus générale, quels sont vos autres projets et envies artistiques du moment ?

Je viens de terminer l’écriture d’une autre pièce de théâtre, « Paris à tout prix », qui diffère complètement de l’œuvre précédemment expliquée. C’est une comédie de femmes, autours d’une belge, d’une québécoise et d’une provinciale du Jura, qui se retrouvent à Paris et vivent ensemble en collocation.

Des thèmes tels que la francophonie ou bien encore les problèmes de compréhension des expressions respectives de chaque pays y sont mis en avant. C’est une pièce très drôle.

Nous sommes actuellement de recherche de producteurs.

En parallèle, vous pouvez aussi me retrouver sur TMC, dans la série « Les Mystères de l’Amour », au travers du rôle d’Alexandra. Je viens de terminer le tournage de la saison 10.

J’en garde un très bon souvenir, j’y ai pris énormément de plaisir car j’ai adoré mon rôle de femme méchante. Le rythme est très soutenu, je me souviens d’une journée où nous avons tourné dix-neuf séquences. Cinq à six épisodes y étaient regroupés. Pour cela, deux équipes parallèles étaient organisées, pour profiter au maximum des conditions.

Ce fut très intense et amusant, mais nous avons fini dans les temps. Une liberté est laissée aux comédiens, nous sommes libres de créer nos personnages.

J’aimerais beaucoup poursuivre l’aventure et nous sommes actuellement en discussion pour la saison 11.

5/ Votre parcours traduit la richesse de votre arc artistique. Citons notamment le théâtre, la télévision le cinéma, la mise en scène et l’écriture. Quelles complémentarités y retrouvez-vous ?

La création est le facteur commun à tous ces arts, ce qui me plait beaucoup.

Pour éviter d’être tributaire des désirs des autres et donc d’être dans l’attente, j’ai décidé de créer par moi-même, notamment aux travers de quatre pièces de théâtre. Parmi lesquelles « A la santé des traitres » qui a reçu en 2013 le prix d’écriture contemporaine.

Je prends beaucoup de plaisir dans cet exercice.

6/ Quelles sont généralement vos principales sources d’inspiration pour l’écriture ?

Le réel, que je cherche ensuite à transformer pour le rendre encore plus intéressant. J’aime partir d’une base vraie, d’une histoire que j’ai vécue ou que l’on m’a racontée.

Typiquement, « A la santé des traitres » est à mettre en lien avec la situation d’exil de ma famille russo-juive, dans les années 70. Chaque thème d’inspiration me touche.

Mes écritures partent donc d’un fait vécu, que je mets en fiction. Je fais parler mon imagination mais à partir du réel.

7/ Les rythmes de tournage sur les plateaux sont généralement très soutenus. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail en amont pour être efficace ensuite face au réalisateur ?

Je travaille beaucoup mon texte en amont pour, une fois sur le plateau, être focalisée uniquement sur mon jeu.

Pour cela, je commence par apprendre par cœur mes répliques puis je les appréhende dans de multiples situations différentes pour que je puisse plus facilement m’adapter ensuite aux éventuelles modifications et requêtes du réalisateur. Notamment sur les intentions et la façon de dire les choses.

Une collaboration avec des amies comédiennes peut m’aider aussi à cela. Aussi, j’arrive sur le tournage très préparée et concentrée.

8/ Vous avez participé à de multiples aventures théâtrales. Aussi, comment vous sentez-vous à quelques instants de monter sur scène ? Est-ce l’excitation d’une nouvelle représentation ou bien le stress qui l’emporte ?

Le trac est un sentiment qui me pousse, il est une énergie positive. Bien souvent, je ressens un mélange des différentes sensations mentionnées. Tout dépend plus exactement du contexte. Notamment lors d’une première, la peur d’être mal compris ou mal perçue est présente, et peut même être pénalisante dans le jeu.

Une fois cette date aboutie, le trac éprouvé est à lier à l’envie de retrouver le public. Pour faire passer aux spectateurs un bon moment.

9/ Pour finir, qu’auriez-vous envie de dire aux lecteurs du blog pour les inciter à venir vous voir sur scène mais aussi à suivre votre riche parcours ?

De façon plus générale, je vous encourage vivement à aller au théâtre ! Nombreuses sont les pièces qui vous bouleverseront et vous apprendront des choses. A l’image des livres, le spectacle vivant fait avancer la vie. Sans culture et sans âme, nous ne sommes pas grand-chose.

Le théâtre a besoin de vous, public, pour continuer à exister et à avancer.

Merci Macha pour votre gentillesse et votre disponibilité !

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