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Le médias blog de Julian

Séverine Ferrer, comédienne, nous dévoile son actualité et ses projets !

23 Août 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Crédit photo : Micky Clément
Crédit photo : Micky Clément

Bonjour Séverine,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Vous serez à l’affiche, en septembre prochain, au théâtre Dejazet, de la pièce « Je ne veux pas mourir idiot », de Wolinski. Pour commencer, pourriez-vous nous en raconter le contenu ? Quelle est l’histoire mise en avant par l’œuvre ?

Il s’agit avant tout d’une très belle aventure humaine. C’est une histoire d’amitié, permettant de recréer ce beau projet. La pièce avait en effet déjà été jouée en septembre 1968, suite aux évènements du moi de mai de la même année.

L’œuvre est une adaptation, au théâtre, des dessins de Georges Wolinski. La première version avait été créée par une bande d’amis, notamment Claude Confortès à la mise en scène, Georges Beller dans le rôle du jeune ouvrier et Philippe Ogouz.

Suite au décès de Georges Wolinski en début d’année, dans l’attentat contre Charlie Hebdo, tous se sont dits, en se retrouvant place de la République le 11 janvier, qu’il serait génial de remonter cette pièce en hommage à leur ami.

Cette belle aventure est remplie d’amitié et d’humanité, ce qui me ravit.

La pièce évoque les évènements de mai 68, la révolution faite dans un premier temps par les étudiants, rejoints ensuite par les ouvriers. Cette période importante de l’histoire de notre pays continue malheureusement à résonner très fort car la pièce est encore d’actualité.

La jeunesse d’aujourd’hui doit beaucoup à celle de mai 68 et je trouve chouette qu’ils puissent voir cette pièce pour comprendre et vivre l’espace d’un instant ce que leurs ainés avaient connus à l’époque. Pour, pourquoi pas, pouvoir retrouver leur espoir et leur fougue.

2/ Vous y interpréterez plusieurs personnages, dont une étudiante ou bien encore Miss Univers. Qui est cette étudiante ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

La jeune étudiante est celle présente en 68 sur les barricades, avec l’envie de voir le monde changer. Elle est revendicative, avec des valeurs et des notions à défendre. Elle a la force, l’énergie et l’envie de faire bouger les choses.

C’est un rôle qui ne m’est pas étranger car je pense être comme cela dans la vie en plus la thématique de l’œuvre correspond à une période qui m’a toujours fasciné.

3/ Cette pièce est, nous en avons parlé, l’adaptation des dessins de Wolinski. Cela implique-t-il une adaptation particulière, en termes de jeu, de mise en scène ou de lexique notamment, comparativement à une œuvre plus traditionnelle, écrite directement pour le théâtre ?

La pièce est le prolongement de celle interprétée il y a plusieurs dizaines d’années, avec quelques petites modernisations. Notamment en termes de rythme.

Le piège aurait été de vouloir en faire une pièce nouvelle, plus actuelle et plus innovante. Sa force est justement de la garder telle qu’elle était déjà à l’époque, pour rentrer à nouveau dans l’univers de 1968.

4/ Quelles sont, selon vous, les principales clés artistiques visant à plaire au public ?

La pièce n’est pas conventionnelle. C’est une comédie satyrique, à la fois drôle et dénonciatrice. L’œuvre se compose de multiples scénettes, toutes inspirées des dessins de Wolinski. Basculant d’un instant à l’autre, passant d’un colloque à une barricade.

Ce spectacle, complètement atypique, est un joyeux tourbillon. Toutes les scènes sont très fortes et tous les goûts peuvent s’y retrouver. La pièce peut attirer un large public car elle résonne pour tout le monde, le message étant universel.

Le contenu pourrait certes refroidir certains spectateurs potentiels, mais je les incite à venir quand même voir une représentation car ils vont être vraiment surpris. Comme j’ai pu l’être à la première lecture de la pièce. J’avais alors pris une véritable claque : quarante sept années se sont écoulées et j’ai presque envie de dire que nous avons fait un pas en arrière.

5/ Nous sommes à quelques jours des premières représentations. Quel sentiment prédomine en vous actuellement ? L’excitation de présenter aux spectateurs le fruit de votre travail ? Ou l’inquiétude, bien compréhensible, avant le démarrage d’un nouveau projet ?

Le sentiment est d’autant plus fort que la pièce est rejouée en hommage à Wolinski. Nous avons tous l’envie que ce dernier soit toujours aussi fier de son spectacle.

La troupe a aussi le souhait de refaire vivre dignement cette période forte de l’histoire aux spectateurs qui l’ont connue et vécue. S’ajoute aussi le poids de faire découvrir cette époque à la jeunesse d’aujourd’hui. Ce qui me tient très à cœur. Pour leur redonner l’espoir ainsi que l’envie de déplacer des montagnes.

Nous avons vraiment hâte de commencer les représentations car nous nous amusons réellement. Nous prenons déjà beaucoup de plaisir pendant les répétitions. Les émotions ressenties sur scène sont tellement fortes que nous espérons vivement qu’elles puissent aussi atteindre les spectateurs. Le partage sera fort et le public sera aussi acteur que nous du spectacle.

6/ Vous étiez cet été, dans ce même théâtre, aux cotés notamment de Georges Beller dans la pièce « Enfer et contre tout ». Quels souvenirs gardez-vous de cette belle aventure ?

Cette aventure a été vraiment géniale !J’ai tout de suite été séduite par cette pièce déjantée et le rôle génial qui m’était proposé. C’était aussi l’occasion de partager la scène avec Georges Beller. Un homme vrai, réel, sympathique, généreux et sincère. Il m’a beaucoup appris, notamment dans son travail de mise en scène et je lui en suis très reconnaissante. Travailler à ses côtés fut un bonheur, tant en tournée qu’à Paris.

Cette rencontre fut magnifique et comptera à coup sûr dans mon parcours de vie. Je suis sincèrement ravie de prolonger notre collaboration au travers des représentations de « Je ne veux pas mourir idiot ».

Jouer au Dejazet, le théâtre des enfants du paradis, est aussi un vrai bonheur, augmentant d’autant mon plaisir.

7/ De façon plus générale, quels sont vos envies et vos projets artistiques pour la suite ?

Une prochaine pièce est déjà prévue et un rôle que j’adore. « Ay, Carmela ! », de José Sanchis Sinisterra, est une magnifique pièce sur l’époque des franquistes.

J’aurai la chance de jouer cette œuvre superbe avec Jacques Dau. C’est une prochaine étape à laquelle je me prépare déjà car c’est un rôle très fort qui, lui aussi, demande beaucoup d’énergie.

Je suis consciente de la chance qu’est la mienne de me voir proposer d’aussi beaux projets. Je savoure la vie et la croque à pleines dents. Merci à elle de m’offrir tout cela !

Un grand merci Séverine pour cet agréable échange !

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