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Le médias blog de Julian

Le comédien Philippe Lavot nous raconte son parcours et évoque son actualité !

8 Juin 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Télévision

Le comédien Philippe Lavot nous raconte son parcours et évoque son actualité !

Bonjour Philippe,

Quelle joie d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

1/ Votre parcours au théâtre et à la télévision met en avant les différentes cordes que vous possédez à votre arc artistique. Aussi, comment vous est venue l’envie de devenir comédien?

C’est la naissance explosive de l’envie de jouer une situation pour produire un effet miroir à l’égard de mes parents qui se disputaient tellement que cela m’était devenu insupportable.

Petit, je me regarde un jour dans le miroir et, voyant ma tête affolée, je décide, sans trop savoir pourquoi, de la pousser jusqu’au bout et, à un moment donné, je me vois une tête de clown, tellement mon émotion était boursoufflée. Sans avoir le temps de réfléchir, je fonce alors dans le salon où mes parents sont en train de se quereller. Tout à coup, ces derniers laissent tomber leurs arguments et, voyant ma tête si particulière, explosent de rire. C’est comme si je venais de les marier à nouveau.

Je n’ai absolument pas conscience alors d’avoir un talent de comédien. Mes parents m’emmènent certes souvent au théâtre et je suis en admiration devant certains acteurs. Mais je suis plutôt passionné par la chimie et j’ai l’impression d’avoir réussi un phénomène chimique avec la nature humaine. Je suis fou de bonheur.

Plusieurs années plus tard, mon professeur de philosophie me pousse sur scène pour jouer Antigone, d’Anouilh, une pièce très sombre. Ceci, pour moi, s’apparente davantage à un accident car, après ma passion initiale pour la chimie, je n’envisage alors qu’une seule chose, faire de la philosophie toute ma vie.

Toutefois, ma maman ainsi que mes professeurs m’incitent à poursuivre ma voie artistique. Par cette incitation, j’intègre alors le conservatoire. Après un intermède d’une année aux Etats-Unis, je rejoins l’équipe de « La cage aux folles », notamment Jean Poiret, Michel Serrault et Pierre Mondy, pour jouer le fils.

2/ Vous intégrez, quelques années plus tard, le groupe AB Productions. Comment avez-vous vécu cette aventure ?

Pour être honnête, jusqu’à mon aventure AB Productions, je peux dire que j’étais presque systématiquement malheureux d’être comédien. J’omettrais peut-être mon jeu aux côtés de Michel Bouquet, dans « Le malade imaginaire », où j’éprouvais une très grande fierté.

Dans l’équipe AB Productions, je découvre le bonheur de jouer, plutôt que l’orgueil de vivre. Je fais alors parti d’une famille, avec des gens qui s’amusent. J’y retrouve, pour la première, le décile solaire extrême que j’avais eu en réconciliant mes parents à la suite de ce miroir dont je vous parlais.

3/ Les téléspectateurs de TMC ont récemment pu vous retrouver dans la série « Les Mystères de l’Amour » où vous y avez interprété le rôle d’un désenvouteur. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

L’expérience a été adorable, comme il y a plusieurs années, avec AB Productions. J’ai été très heureux de retrouver de nombreuses personnes avec lesquelles j’avais travaillé vingt ans en arrière. Ces gens sont restés humainement intactes. Ils veulent gagner l’humanité.

Ce fut donc un grand bonheur ! L’expérience fut heureuse.

Je me souviens qu’en commençant à tourner la première scène, dans la caravane, j’avais l’envie de faire jaillir cette boucle de lumière que j’ai de mon enfance et ainsi de me désenvouter moi-même.

4/ Votre personnage, aux traits comiques, est très singulier de part sa personnalité. Aussi, en tant que comédien, quelles ont été les principales clés pour le rendre sympathique à l’écran ?

Au moment d’apprendre mon texte, je me suis laissé surprendre et amuser par le surgissement des phrases et de la situation. Le produit des « Mystères de l’Amour » est en effet beaucoup plus léger et plus propre qu’il ne l’était auparavant.

Il fallait donc que mon personnage le soit aussi, sans renier pour autant ce qu’il a été à Love Island. Comme il est dit par Laly qu’il s’est entiché de la culture Guarani, je me suis imaginé Antoine comme étant à présent quelqu’un « d’allumé » qui, tout à coup, a une révélation. Faisant ainsi le lien avec mon personnage si singulier dans « Les vacances de l’amour », qui a muri de cette culture particulière pendant vingt ans.

Je voulais montrer que mon personnage s’était ouvert et qu’il avait depuis trouvé une structure, pour ressembler à un humain. Comme s’il s’était érigé quasi religieusement une identité et qu’il était devenu une sortie de savant, par nécessité.

En lisant le scénario, j’attendais que les images m’arrivent à la suite des phrases. Ce qui est d’ailleurs périlleux du fait du rythme soutenu sur le tournage.

J’ai accumulé ces images, que j’ai ensuite essayé de faire éclater, pour aller encore un peu plus loin. Avant de retailler l’ensemble afin d’en assurer une certaine concordance. Mon personnage est, de par sa nature, tellement insensé qu’il fallait nécessairement qu’un sens apparaisse.

5/ Pour revenir plus concrètement sur vos scènes, on peut constater plusieurs cris singuliers fournis par votre personnage. Auxquels l’on peut ajouter les fous-rires étouffés de vos partenaires Elsa Esnoult et Laly Meignan. Cela est-il le fruit d’un travail en amont ou bien l’improvisation générée par la cocasserie de la scène ?

Je souhaitais vraiment les faire rire. Chaque scène a été tournée trois fois, dans autant d’axes différents. J’ai le souvenir précis, la première fois, de l’étonnement d’Elsa, se demandant presque où elle était. Elle s’est alors efforcée de contenir le rire généré par son hallucination.

Lors de la deuxième prise, elle a réellement éclaté de rire. A la troisième scène, un arbre de décoration a d’ailleurs chuté, sans doute sous l’effet de mes cris si particuliers de désenvouteur, comme elle me l’a suggéré.

J’ai adoré aussi la liberté accordée par Dan Occo, le réalisateur, qui m’a permis d’utiliser librement l’ensemble des accessoires mis à disposition de mon personnage. Faisant le lien avec les amérindiens, j’ai de suite utilisé les plumes, qui m’ont inspiré ces petits cris, que je n’avais absolument pas préparés avant le tournage.

Les scènes ont été très enthousiastes, nous avons tous réellement bien rigolé. Aussi, je crois que mes partenaires de jeu ont sincèrement ri. C’était là l’un de mes objectifs.

6/ Apprécierez-vous revenir ponctuellement dans la série, pour des pastilles ?

Complètement ! Un autre tournage a d’ailleurs eu lieu. Le travail du texte fut très prenant, mais de manière très agréable. En effet, je me suis retrouvé à nouveau, comme au premier épisode, dans la roulotte, même si la situation et le problème mis en avant ont différé.

Il m’a donc fallu créer un renouvellement mais dans le même cadre. Il était nécessaire de garder les mêmes couleurs et les mêmes émotions de peinture, mais en larguant quelque chose d’inattendu.

7/ Pour conclure, qu’avez-vous envie de dire aux différents lecteurs du blog pour les encourager à vous suivre ?

J’ai tellement envie de me surprendre pour aller chercher un rire inattendu que j’aimerais aussi vous surprendre !

Un grand merci Philippe pour cet entretien très intéressant !

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Philippe Lavot 15/06/2015 12:53

Cher Julian,
Vous êtes "Julian Le Magnifique " !
Je vous remercie pour votre interview qui est d'une humaine et profonde intelligence. Une interview qui relate l'authentique !
J'en suis extrêmement satisfait !
Philippe Lavot.

Ipchazad Garpo 15/06/2015 12:09

Merci, cher Julian, pour Philippe Lavot
Vous êtes "Julian Le Magnifique " !
Votre interview de Philippe Lavot,
par sa rédaction et sa concision,
a savamment synthétisé ses propos !
Et Philippe m'a dit en être extrêmement satisfait ! Et, le connaissant de longue date : j'en atteste !
Vous êtes remarquable car vous avez su aller saisir dans son coeur, dans son enfance, le noyau événementiel, la graine de son devenir, et cela est d'une humaine et profonde intelligence.
C'est tout simplement magnifique ! Vous êtes un grand !
Merci Julian - merci pour Philippe Lavot.