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Le médias blog de Julian

Théâtre : la comédienne Elodie Wallace nous présente sa riche actualité !

12 Avril 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Théâtre : la comédienne Elodie Wallace nous présente sa riche actualité !

Bonjour Elodie,

C'est un plaisir de pouvoir effectuer cet entretien en votre compagnie !

1/ Vous êtes actuellement sur les planches, au théâtre Les feux de la rampe, pour la pièce « Revenir un jour ». Pour commencer, pourriez-vous nous décrire quelques peu l'histoire et nous présenter votre personnage ?

C'est l'histoire d'un boys band qui se reforme un peu par hasard dix ans après avoir eu un gros succès dans les années 2000. Je joue le rôle de Vanessa, une productrice qui les a bien connu à l'époque et qui décide, pour une tournée, de reconstituer le groupe.

Tous les membres sont des amis d'enfance qui se connaissent depuis de très nombreuses années et qui avaient été repérés par un producteur dans une salle de sport. Au moment de leurs retrouvailles, l'un a pris trente kilos, un autre vit aux Etats-Unis et le dernier a des petits soucis avec la drogue.

Mon personnage Vanessa a vécu une grande histoire d'amour avec l'un des chanteurs du groupe, mais les deux ne se sont pas revus depuis dix ans.

C'est une comédie avec des personnages un peu hauts en couleurs.

2/ La distribution est alternante. A ce titre, avez-vous besoin d'adapter votre interprétation selon les comédiens qui vous accompagnent ?

Nous sommes plutôt bien calés, nous avons un metteur en scène très précis, nous faisons donc à peu près la même chose tous les soirs. Seules les émotions peuvent changer. Chaque comédien n'envoie pas forcément la même chose, parce que chacun a sa propre nature et son propre impact.

La réception des émotions peut donc varier et être ainsi plus ou moins forte. Entrainant aussi chaque soir un renouvellement du plaisir pour les comédiens que nous sommes. Ce qui est très agréable !

3/ Toujours dans ce même théâtre, vous jouez aussi ponctuellement dans une pièce dont vous êtes l'auteur, à savoir « Le mariage nuit gravement à la santé ». Là encore, quel en est le contenu et quel rôle interprétez-vous ?

La pièce met en avant un couple, Romain et Sophie, chez qui tout va très bien. Lui est homme au foyer, il fait des petits plats, la cuisine et la décoration. Il aime beaucoup les jolies choses et réalise toutes ces tâches avec beaucoup d'amour. Sophie, quant à elle, est working-girl. Elle travaille dans une agence de publicité, porte des tailleurs avec talons toute la journée.

Leur couple se porte très bien, jusqu'au jour où Sophie décide d'organiser une soirée en amoureux pour les trente ans de son mari. Débarque alors de façon impromptue la maman de Romain, qui ne sait pas du tout que son fils est homme au foyer, pensant que les rôles sont complètement inversés dans leur couple.

Le personnage de la belle-mère, Micheline, est très vieille France, très traditionnel et très classique. Romain et Sophie vont alors décider, le temps d'une soirée, d'inverses les rôles. Voulant faire de cette dernière une mère au foyer idéale et de Romain un homme d'affaires. Mais Sophie ne sait pas où se rangent les nappes et les assiettes ni comment cuire un gigot. De quiproquos en malentendus, la soirée va être explosive !

Comment vous est venue l'inspiration pour l'écriture de la pièce ?

Cette pièce a été écrite à deux et est née il y a six ans. Nous voulions parler du couple car c'est un thème universel, qui parle à tous et qui marche toujours.

Aujourd'hui l'inversion des rôles est devenue presque banale et ne choque plus grand monde. Ce qui était moins le cas il y a six ans. D'où notre envie d'en faire une pièce.

Le texte a bien évidemment été depuis adapté à l'actualité et aux comédiens qui l'interprètent. Pour que chacun puisse être à l'aise avec son personnage et puisse se l'approprier.

4/ Comment parvenez-vous à participer alternativement à différentes pièces et donc à interpréter plusieurs rôles ? Quelles sont les principales clés ?

Une bonne gestion du planning et un bon emploi du temps en sont la base. J'ai surtout besoin de beaucoup de concentration avant de monter sur scène. Arrivant une heure voire même parfois une heure trente avant le début du spectacle, pour revoir mon texte et me remettre dans la peau du personnage.

5/ Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, les spectateurs peuvent aussi retrouver sur la scène de l'Alambic Comédie, chaque début de semaine, la pièce « Attention, chient méchant », dont vous êtes l'auteur, avec Rui Silva, votre compagnon. Quelle en est la thématique ?

Deux personnages un peu perdus se rencontrent par hasard. Plus précisément, un cambrioleur entre dans l'appartement d'une fille en train de se suicider. Nous découvrons ensuite que le premier nommé s'est trompé d'endroit et que la demoiselle tente de mourir avec du doliprane.

C'est une comédie dans laquelle deux « loosers », deux personnes seules et perdues dans la vie, se rencontrent pendant toute une soirée, aboutissant à un cambriolage ensemble pour se venger d'un ancien compagnon.

Est-ce d'ailleurs un avantage de collaborer pour l'écriture avec une personne que l'on connait aussi bien ?

C'est un avantage parce que l'on ne perd pas de temps. Nous n'avons pas eu besoin de mettre des gants pour se dire les choses. Nous permettant alors de gagner en efficacité.

Habitant ensemble, cela nous autorise à écrire à n'importe quel moment. Il nous arrive parfois de partir pendant tout un week-end pour s'isoler et se concentrer sur l'écriture. Ce qui est plutôt agréable.

6/ Quelles complémentarités et quelles principales différences retrouvez-vous entre ces différents exercices, que sont l'écriture d'un côté et la scène de l'autre ?

Il est très difficile d'être en même temps comédien et producteur dans sa propre pièce. En effet, au moment de monter sur scène, on ne peut alors s'empêcher d'analyser le nombre de places occupées afin de savoir si la soirée sera rentable ou non. Cet aspect-là est très difficile à compartimenter.

A l'inverse, le point commun entre toutes ces casquettes réside dans la volonté de raconter des histoires, que ce soit sur scène, ou en les montant d'un point de vue logistique, ou bien encore en les imaginant. Je prends du coup du plaisir avec n'importe quelle facette.

Avez-vous une préférence particulière pour l'un d'entre eux ?

Ces différents exercices me plaisent beaucoup mais je crois sincèrement que si je devais n'en choisir qu'un, je retiendrais celui de comédienne. C'est mon métier premier, il représente ce que j'ai toujours voulu faire et c'est ma source principale d'accomplissement.

Quelles sont vos majeures sources d'inspiration pour l'écriture ?

A la base, j'ai commencé à écrire pour me donner du travail, comme cela arrive très souvent. C'est aujourd'hui une activité que je développe vraiment à part entière, rédigeant même des pièces que je ne joue pas et que je transmets à d'autres pour les monter. C'est un exercice que j'adore et que je pourrais faire pendant des heures.

Mes sources d'inspiration viennent principalement de la vie quotidienne. Ce peut être une phrase que j'entends dans le métro, ou une photo, voire une anecdote. Ce sont aussi des faits divers, des films, et des livres. J'ai un petit carnet dans lequel je note plein d'idées.

7/ Faisons la comparaison entre un soir de première d'une pièce que vous avez écrite et celui d'une œuvre pour laquelle vous êtes simple comédienne. Dans quelle situation êtes-vous plus inquiète ?

Je crois être encore plus inquiète lorsque je ne suis pas sur scène. Parce que je n'ai aucun contrôle sur ce qui va se passer. C'est un sentiment atroce, après avoir fait pendant des semaines la mise en scène, comme ce fut le cas au démarrage de « Attention, chient méchant », de ne plus avoir ensuite les cartes en main.

Il est alors assez douloureux d'être dans la salle, en tant que simple spectateur, sans pouvoir intervenir en cas d'aléas éventuel.

Aimez-vous laisser une certaine liberté, en tant qu'auteur, aux acteurs afin qu'ils puissent apporter une certaine touche personnelle ?

La liberté du comédien et l'adaptation par chacun sont nécessaires même si j'essaie pour autant de ne pas me tromper dans mon casting. La liberté de l'artiste est primordiale pour qu'il puisse trouver son amusement et son personnage.

Il faut cependant être vigilant à ne pas non plus laisser trop de libertés. Typiquement, «Le mariage nuit gravement à la santé » est un boulevard, à quatre personnages, où tout va très vite. Donner trop de souplesse aux comédiens pourrait rapidement entrainer un décalage et ne pas servir la pièce. Il faut ainsi trouver le juste milieu entre la libre expression du comédien et le déroulé pertinent de l'histoire.

Vous avez participé à de multiples pièces de théâtre. Racontez-nous ces derniers instants d'un soir de première avant de monter sur scène, quand le rideau est encore baissé ? Quel est alors le sentiment prédominant ?

On se sent mal ! Il y a toujours un moment où l'on se demande pourquoi on fait se métier, alors que personne nous a forcé à être là ce soir. Ce sentiment est sans doute lié à la peur de ne pas être bon, de ne pas être drôle ou d'oublier son texte.

Pour autant, je regrette beaucoup ce moment-là lorsque je joue une pièce depuis des dizaines de fois. Le trac n'existe alors plus, on se rend au théâtre comme on va à son travail chaque jour. Manque alors ce moment d'excitation, d'adrénaline pendant lequel on se sent vivant.

8/ De façon plus générale, quels sont vos souhaits et vos projets pour cette année ?

J'ai un projet de série pour le théâtre qui me tient très à cœur. Un showcase a d'ailleurs été fait en septembre dernier au théâtre du Gymnase.

Ce serait une comédie en plusieurs épisodes, qui reprendrait exactement les mêmes codes que les séries américaines, à savoir previously, next, bande annonce, générique, acteurs récurrents, guests. Le tout au théâtre, en français et en comédie. Le nom serait « Sam, tueur en série malgré lui » avec un personnage à mi-chemin entre Dexter et Pierre Richard.

Nous réfléchissons actuellement à la meilleure possibilité de traitement car il y a pas mal de formules à trouver, comme le nombre d'épisodes, la quantité de représentations de chacun de ceux-ci mais également le moyen de fidélisation des spectateurs. C'est un gros challenge !

Cela n'a jamais été fait, à ma connaissance, dans le domaine de la comédie, accentuant notre difficulté à monter le projet. Nous ne pouvons en effet pas nous baser sur les réussites ou les échecs déjà existants. Mais c'est très excitant !

En parallèle, j'écris un film dans le cadre de l'atelier du scénario de La Fémis, une école de cinéma. Après une année de formation, il me faut maintenant affiner ma rédaction pour m'ouvrir éventuellement une nouvelle porte.

Ce projet ne pourra sans doute aboutir qu'à partir de l'année prochaine car mon actualité est déjà très riche en ce moment. Je vais notamment monter une nouvelle fois sur les planches pour la reprise de la pièce « La sœur du grec ».

9/ Pour conclure, qu'aimeriez-vous dire aux différents lecteurs du blog pour les inciter à se rendre au théâtre ?

Le théâtre et notamment la comédie ont connu une année plutôt difficile. C'est pourquoi j'aimerais vraiment encourager les gens à venir au théâtre, pour aller voir des petites ou des grosses pièces, quelque soit la taille de la salle.

Venez voir des gens qui, tous les soirs, ont à cœur de raconter des histoires ! Le théâtre est un endroit où les émotions sont vivantes. Qui, en plus, vous permet d'oublier vos soucis.

Merci beaucoup Elodie pour votre gentillesse et votre disponibilité !

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