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Le médias blog de Julian

Interview exclusive du comédien Olivier Benard !

12 Avril 2015 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre

Interview exclusive du comédien Olivier Benard !

Bonjour Olivier,

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes actuellement sur scène, au Théâtre Les feux de la rampe, dans la pièce « Revenir un jour ». Quelle en est l'histoire ?

La pièce s'articule autours de la reformation d'un boys band après dix ans d'absence. L'amitié est au cœur même de l'histoire, entre les quatre membres du groupe et Vanessa, qui les a coachés.

Tous les participants présentent des facettes différentes. Chris est un personnage haut en couleurs, un peu drôle et qui s'intéresse fortement à ses éventuelles conquêtes féminines. Jordan, quant à lui, revient des Etats-Unis et vit dans un monde de fantaisie, en se racontant des histoires, avant de retomber dans une certaine réalité.

Steve, pour sa part, a pris « un peu » de poids pendant cette absence médiatique. Enfin, le personnage d'Alex, que j'interprète, est tombé dans la drogue.

2/ Vous y interprétez l'ancien leader charismatique du groupe. Qui est plus exactement votre personnage ? Quelles en sont ses principales caractéristiques ?

Alex refuse complètement l'idée de reformer le groupe, car cette image lui a collé à la peau et porté préjudice, lui fermant certaines portes.

Il ne veut plus en entendre parler, c'est donc un refus total au début. Ajoutons à cela ses démons, notamment la drogue, qui le place à l'écart du groupe.

3/ Elodie Wallace nous expliquait, dans un précédent entretien, que la pièce alterne moment comiques et instants plus intimes et plus solennels. En tant que comédien, quelles sont alors les principales clés pour passer facilement d'un état à un autre ?

La clé réside dans le fait qu'il y a une histoire à raconter. Il y a un texte et des situations. Il faut donc se fier à ce qui est écrit et jouer ces situations, sans se prendre la tête pour savoir comment naviguer entre les différentes émotions.

Il est important de suivre le fil, de savoir comment le personnage arrive au début et où il va ensuite. Sans occulter bien sûr les éléments et les facteurs autours lui permettant de connaitre ces changements. Notamment les retrouvailles entre les quatre amis qui mettent Alex face à ses réalités et son propre désespoir.

Il est donc important, une fois que l'on maitrise ces tenants et ces aboutissants, de ne pas se poser trop de questions. La pièce fonctionne car nous jouons tous une même couleur, celle d'une comédie. Pour qu'il y ait du rire, il est nécessaire d'avoir du relief, donc des moments plus solennels.

4/ Votre personnage est un grand consommateur de drogues. Comment réussissez-vous à transcrire cet état si particulier sur scène ? Quelles sont les astuces ?

La première mouture de la pièce, au Palais des Glaces, était complètement différente. Il y avait, en quelque sorte, deux histoires en une. Le côté dramatique avec la drogue et le côté comédie avec les personnages de Steve et de Jordan.

Franck Le Hen, l'auteur de la pièce, a, depuis, modifié certaines scènes et a étoffé ses personnages pour faire en sorte que la drogue ne soit pas quelque chose de pathétique. Je l'ai traduit par un personnage pour qui la consommation entraine des excès dans son comportement et non pas une crise d'overdose.

Ce qui accentue la couleur comique de la pièce.

5/ En parallèle, nous pouvons aussi vous retrouver chaque début de semaine au Théâtre des Blancs Manteaux, aux côtés de Corinne Hubert, dans « Jean et Béatrice ». Là encore, quel en est le principe ? Qui est Jean ?

C'est une pièce de Carole Fréchette qui raconte l'histoire d'une femme qui ne vit aucune émotion et qui ne sait plus ce qu'est aimer. Pour se mettre en danger et revivre des émotions, elle met une affiche mentionnant « Jeune héritière promet récompense à celui qui saura l'intéresser, l'émouvoir et la séduire ».

Suite à cela défilent certainement plusieurs hommes avant l'arrivée de Jean. Celui-ci est un chasseur de primes, intéressé uniquement par la récompense substantielle promise par Béatrice. Cette dernière lui fait alors passer trois épreuves, au travers desquelles ils vont raconter ce qu'est l'amour. Avec des moments de danger car Béatrice est une femme vivant toute seule au 33ème étage de son immeuble, qui se retrouve face à un homme potentiellement prêt à tout pour obtenir la récompense.

C'est une très belle écriture, qui met en exergue comment raconter le sentiment amoureux et peut-être la vie à deux. Il y a énormément de poésie dans l'écriture de Carole Fréchette, mais qui ne fonctionne que si nous, comédiens, jouons le quotidien, en étant terre à terre. Nous l'avons traduit en deux personnages incapables d'aimer, pour des raisons différentes, qui vont confronter leur mal-être et leur bonheur peut-être aussi.

6/ Il s'agit là d'un exercice bien différent de celui aux Feux de la rampe. A ce titre, qu'appréciez-vous particulièrement dans les pièces comiques, aux nombreux personnages ? De même, quels sentiments procurent les pièces plus intimes, en duo ?

L'idée du collectif ainsi que la distribution proposée m'ont plu pour « Revenir un jour ». C'est comme cela que j'ai voulu faire parti du projet. Lorsque nous nous sommes tous rencontrés aux auditions, cet aspect-là m'a vraiment intéressé. En plus du côté comique de la pièce.

En parallèle, j'ai un vrai amour pour les textes de Carole Fréchette. Si bien que je n'ai pas hésité longtemps avant de participer à cette belle aventure. Le plaisir d'une pièce à deux personnages avec ce contenu aussi pertinent représente un plaisir énorme. Car nous passons par tous les sentiments et toutes les émotions.

7/ Vous avez aussi effectué récemment une lecture, au théâtre de la Contrescarpe, de la pièce « Le délai » aux côtés d'Elodie Wallace. S'agit-il là d'un projet proche de son aboutissement ?

Cette pièce a été écrite et sera mise en scène par Eric Delcourt, qui nous accompagne déjà sur « Revenir un jour ». C'est l'histoire de Samuel Weber, un comédien de série qui rencontre un grand succès mais qui est, humainement parlant, assez odieux, car il possède tout.

L'attend dans son car-loge une journaliste, qu'il ne voit pas dans un premier temps. La pièce présente de multiples clés, emmenant les spectateurs vers différents horizons, de surprises en surprises. Pour remettre en question la vie de ce comédien par l'intermédiaire de cette femme, notamment dans sa façon de se comporter avec les autres.

Nous aimerions présenter cette pièce au Festival d'Avignon, avec certainement un début au théâtre de la Contrescarpe pour nous rôder. Avant de revenir plus fermement dans ce même lieu à la rentrée.

J'aurai aussi une autre pièce à Avignon, « Tant qu'il y a les mains des hommes », déjà jouée l'an dernier. Composée de cinq personnages, elle traite de la notion d'identité. Nous jouerons chaque jour à 12h 45.

Pour finir, je partirai en tournée en octobre, jusqu'à mi-janvier, dans « Pas folles les guêpes », aux côtés notamment de Sonia Dubois, Daniel Evenou et Michelle Kern. Cinq sœurs y sont suspectées d'avoir commis un crime. Arrive alors un inspecteur, que j'interprète, pour tenter d'élucider ce mystère.

8/ Pour finir, qu'aimeriez-vous dire aux lecteurs du blog pour les inciter à vous suivre et à venir vous voir sur scène ?

Le théâtre est une passion. Il faut donc s'y rendre, pour s'amuser et passer un bon moment.

Soyez curieux !

Merci beaucoup Olivier pour le temps que vous nous avez gentiment accordé.


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